Initialement paru sur la première PlayStation à la fin des années 90, Rhapsody: A Musical Adventure revient sur le devant de la scène grâce à la gamme Console Archives de Hamster, cette fois sur Nintendo Switch 2. Près de trois décennies après sa sortie, que vaut encore ce RPG pas comme les autres ? La réponse est nuancée, mais les éléments qui ont bien vieilli pourraient largement compenser les aspects plus datés.
Un retour aux sources sans superflu
Les possesseurs de Switch connaissent peut-être déjà ce titre, puisqu’il avait été réédité en 2020 dans un pack incluant deux autres jeux de la série. Cette nouvelle version Console Archives fait l’impasse sur les améliorations graphiques et les contenus additionnels pour se concentrer sur l’essentiel : le jeu original, tel qu’il a été conçu, sans dépenser pour des extras non désirés. Une approche qui ravira sans doute les puristes et ceux qui souhaitent simplement (re)découvrir l’aventure dans sa forme la plus authentique.
Un RPG avant-gardiste au ton résolument léger
Dès les premières minutes, le joueur incarne Cornet, une jeune fille capable de communiquer avec des marionnettes et de se battre à leurs côtés. Derrière cette idée qui pourrait sembler enfantine se cache en réalité une proposition étonnamment moderne. Rhapsody se permet en effet de tourner en dérision les clichés du RPG avec une bonne dose d’humour et de légèreté. Là où nombre de jeux du genre nous racontent l’histoire d’un amnésique sauvant le monde, Rhapsody préfère suivre le parcours d’une héroïne dont le but premier est de conquérir le cœur d’un prince. Un postulat rafraîchissant, porté par une protagoniste féminine encore rare à l’époque.
Une aventure qui privilégie la discussion au combat
Sur la difficulté « Normal », les combats sont peu fréquents et peu punitifs, ce qui peut décevoir les vétérans du RPG. Mais c’est justement là que Rhapsody se démarque : il anticipe la tendance des jeux « cosy » bien avant que le terme n’existe. La progression repose avant tout sur les conversations avec les différents personnages. Il faut parler à tout le monde pour avancer, et si l’absence de tutoriel peut parfois mener à des moments d’errance, cette approche renforce le côté « aventure » annoncé dans le titre. Les échanges sont souvent savoureux et valent à eux seuls le détour.
La comédie musicale, signature du jeu
Impossible d’évoquer Rhapsody sans mentionner sa dimension musicale. Outre des compositions instrumentales de qualité, le jeu intègre de véritables numéros chantés avec doublage vocal, en anglais ou en japonais. Si ce choix artistique ne plaira pas à tout le monde, il faut saluer l’ambition et l’intelligence de leur placement : ils soulignent les moments clés de l’histoire sans jamais devenir envahissants. Une prouesse pour un titre de cette époque.
Quelques fausses notes
Tout n’est pas parfait pour autant. Certains aspects du gameplay accusent leur âge et manquent d’équilibre. L’intrigue, bien qu’originale, n’échappe pas à certains de ses propres clichés et à une abondance de dialogues qui pourra lasser. La musique restera probablement l’élément le plus mémorable, même si elle relève d’un goût acquis.
Malgré ces réserves, Rhapsody: A Musical Adventure mérite amplement sa place sur Nintendo Switch 2. Que vous soyez un nouveau joueur curieux ou un vétéran nostalgique, ce RPG décalé, qui vous fait combattre à travers un restaurant barbecue tout en brisant allègrement le quatrième mur, a de quoi séduire.

