La saga des tarifs douaniers américains continue d’alimenter les tribunaux. Après Nintendo, ce sont désormais Sony et Microsoft qui se retrouvent au cœur de poursuites intentées par des consommateurs. Ces derniers estiment que les hausses de prix appliquées sur les consoles en 2025, consécutives aux taxes imposées par l’administration américaine, auraient dû être remboursées une fois ces taxes invalidées. Les géants du jeu vidéo, eux, campent sur leurs positions.
Des arguments juridiques implacables
Dans deux procédures distinctes, les avocats de Sony et Microsoft ont déposé des motions visant à faire annuler les plaintes. Leur argumentaire repose sur un principe simple : les acheteurs ont payé un prix de marché pour un bien qu’ils ont volontairement acquis. Selon Sony, « payer un prix de marché équitable pour des biens de consommation achetés volontairement ne constitue pas un préjudice juridiquement reconnaissable ». Microsoft, de son côté, estime qu’il n’y a « rien d’injuste » dans le fait qu’un client ait acheté une Xbox au prix annoncé et reçu exactement ce pour quoi il avait payé, indépendamment des spéculations sur la structure de coûts de l’entreprise.
Des hausses de prix sans mention explicite des tarifs
Il est intéressant de noter que ni Sony ni Microsoft n’ont explicitement attribué les augmentations de prix des consoles aux tarifs douaniers. Lorsque Sony a augmenté le prix de la PlayStation 5 en août 2025, l’entreprise a évoqué « un environnement économique difficile ». Microsoft, pour sa part, a justifié la hausse des prix de la Xbox en mai 2025 par « les conditions du marché et l’augmentation des coûts de développement ». Cette prudence sémantique pourrait compliquer la tâche des plaignants, qui doivent prouver un lien direct entre les tarifs et les prix payés.
Un précédent signé Nintendo
Ces affaires font écho à une plainte similaire visant Nintendo, qui a également affirmé en juillet qu’elle n’était pas tenue de reverser aux consommateurs les remboursements de tarifs douaniers obtenus. Les trois constructeurs ont tous bénéficié des remboursements gouvernementaux après que la Cour suprême américaine a jugé les tarifs illégaux plus tôt dans l’année. Pourtant, aucun n’a baissé ses prix en conséquence, ce qui constitue un double gain : les recettes issues des ventes à prix majorés, puis les remboursements des taxes initialement payées.
Des exceptions notables dans l’industrie
Toutes les entreprises ne suivent pas la même ligne. Le fabricant de la Playdate, Panic, a récemment annoncé qu’il rembourserait la différence aux acheteurs ayant acquis sa console portable pendant la période d’application des tarifs. De même, la société Arctic, spécialisée dans le refroidissement PC, a promis de faire de même et de réduire temporairement ses prix. Ces gestes contrastent avec la position des géants du jeu vidéo, qui pourraient pourtant se permettre un tel geste : Sony a indiqué à ses investisseurs s’attendre à recevoir 508 millions de dollars de remboursements, dont l’essentiel irait à la division PlayStation.

