La Norvège pourrait devenir le premier pays au monde à interdire les lunettes connectées équipées de caméras. Face aux craintes croissantes concernant le respect de la vie privée, le gouvernement norvégien examine actuellement la possibilité de légiférer contre ces dispositifs capables de prendre des photos et d’enregistrer des vidéos de manière discrète.
Des dispositifs jugés trop intrusifs
La ministre norvégienne de la Digitalisation et de la Gouvernance publique, Karianne Tung, a exprimé ses inquiétudes : les lunettes connectées exerceraient une pression croissante sur la vie privée des citoyens. Au-delà des enregistrements clandestins dans les espaces publics, c’est surtout la possibilité d’utiliser la reconnaissance faciale qui suscite de vives préoccupations.
Le projet « Name Tag » de Meta inquiète
Ces craintes sont renforcées par les travaux de Meta sur ses Ray-Ban Stories. Le géant américain travaillerait sur une fonctionnalité appelée Name Tag, qui permettrait aux lunettes d’identifier automatiquement les personnes présentes dans le champ de vision de l’utilisateur et de relier leurs visages à des noms ou profils personnels. Si Meta n’a pas confirmé le lancement, de telles capacités constituent une menace directe pour l’anonymat dans l’espace public.
Des lacunes déjà constatées dans la protection des données
Les préoccupations ne s’arrêtent pas à la reconnaissance faciale. Des enquêtes antérieures ont révélé que des sous-traitants au Kenya, employés par la société Sama, avaient examiné des vidéos enregistrées par les lunettes de Meta afin d’entraîner des modèles d’intelligence artificielle. Cette pratique soulève des questions sur le consentement des personnes filmées et sur les conditions de traitement des données.
Le contournement des voyants lumineux
Par ailleurs, les lunettes connectées de Meta intègrent un voyant LED blanc censé signaler toute prise de vue. Cependant, des bidouilleurs ont réussi à masquer ou retirer ce voyant, permettant ainsi des enregistrements totalement invisibles, y compris dans des lieux sensibles. Meta a réagi en déployant une mise à jour firmware obligatoire qui désactive la caméra si le voyant est obstrué ou endommagé.
Si la Norvège concrétise ce projet, elle créerait un précédent mondial dans la régulation des technologies portables, obligeant les fabricants à repenser leurs produits pour préserver la vie privée.

