PlayStation Store : Sony accepte de payer 7,85 millions de dollars pour clore une action collective

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Sony Interactive Entertainment a consenti à verser 7,85 millions de dollars pour solder une action collective initiée par des consommateurs américains à propos des prix de certains jeux numériques sur le PlayStation Store. Cette somme ne correspond ni à une amende ni à une condamnation définitive, mais à un accord transactionnel visant à éteindre le litige.

Retour sur l’origine du différend

L’affaire remonte à avril 2019, date à laquelle Sony a cessé de commercialiser des codes de téléchargement de jeux complets auprès des revendeurs tiers aux États-Unis. Jusque-là, des enseignes comme Amazon, Best Buy, GameStop, Target ou Walmart pouvaient vendre ces codes et appliquer leurs propres remises, créant ainsi une concurrence directe avec la boutique en ligne de Sony. Depuis lors, seuls les achats réalisés directement sur le PlayStation Store permettent d’acquérir des jeux numériques, tandis que les cartes de crédit PSN restent disponibles chez les détaillants.

Des joueurs ont alors déposé une plainte collective, estimant que cette décision avait réduit la concurrence et permis à Sony de contrôler seul les tarifs, ce qui aurait entraîné une hausse du prix de certains titres. La procédure, connue sous le nom de Caccuri et al. v. Sony Interactive Entertainment, couvre la période du 1er avril 2019 au 31 décembre 2023 et vise uniquement les jeux pour lesquels des codes étaient vendus avant avril 2019 et dont le prix, après remises chez des revendeurs, aurait augmenté d’au moins 50 cents à la suite de leur retrait.

Un accord sans reconnaissance de faute

Sony a accepté de payer 7,85 millions de dollars pour mettre un terme aux réclamations, sans pour autant reconnaître une violation des lois antitrust américaines. Le tribunal n’a pas encore statué sur le fond et la responsabilité de l’entreprise n’a pas été établie. La juge Araceli Martínez-Olguín a accordé une approbation préliminaire à l’accord le 8 avril 2026, et une audience d’homologation est prévue le 15 octobre 2026.

Répartition du fonds et indemnisation des joueurs

Si l’accord est définitivement validé, l’intégralité des 7,85 millions de dollars ne sera pas reversée aux consommateurs. Les avocats pourront solliciter jusqu’à 25 % du fonds pour leurs honoraires, en plus des frais administratifs et des éventuelles primes aux représentants des plaignants. Le solde sera distribué aux membres éligibles, principalement sous forme de crédits sur leur portefeuille PSN. Les joueurs américains répondant aux critères sont automatiquement inclus dans l’accord, sauf s’ils en ont été exclus avant la date limite. Les détenteurs d’un compte PSN désactivé pouvaient demander un paiement par chèque jusqu’au 27 août 2026. Le montant individuel devrait rester modeste, car le nombre de bénéficiaires potentiels est estimé à plus de 4,4 millions.

Un contexte plus large de remise en cause

Cette action collective s’inscrit dans un débat plus vaste sur la concurrence dans l’écosystème PlayStation. Elle est distincte de la procédure en cours au Royaume-Uni, où plusieurs millions de joueurs réclament près de deux milliards de livres à Sony pour abus de position dominante et commission excessive sur les ventes numériques. Alors que Sony prévoit d’arrêter la production de disques pour les nouveaux jeux PlayStation à partir de janvier 2028, la question du contrôle exclusif du marché numérique devient cruciale pour les consommateurs.

L’accord américain, s’il est approuvé, apparaît comme une issue pragmatique pour Sony, dont les revenus tirés du PlayStation Store sont largement supérieurs à la somme en jeu. Il souligne néanmoins les conséquences potentielles de la disparition des revendeurs concurrents sur les prix payés par les joueurs.

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