Dans la grande famille des action-RPG à l’ancienne, Verho – Curse of Faces se distingue par son atmosphère singulière et son parti pris résolument rétro. Développé par Kasur Games et édité par CobraTekku Games, le titre est disponible depuis le 30 juillet 2026 sur l’eShop au prix de 24,99€. Plongée dans un univers sombre où la proximité entre humains est mortelle, le joueur devra percer les mystères d’une malédiction qui a façonné des siècles d’histoire. Notre test complet sur Nintendo Switch.
Une histoire cryptique au cœur de la Malédiction des Visages
Le récit de Verho – Curse of Faces s’articule autour de deux ères distinctes. Il y a 600 ans, l’Ère de la Solitude a vu l’humanité décimée par une étrange malédiction : tout contact visuel direct entre deux personnes entraînait la mort immédiate. Pendant trois siècles, la survie de l’espèce a tenu du miracle. Puis vint le Créateur, un être énigmatique qui offrit des masques capables de bloquer le regard et donc la mort. Devenu divinité malgré lui, il a inspiré des religions qu’il n’a jamais souhaitées.
Le joueur incarne un héros sans nom qui, pour des raisons personnelles, se rend à Yariv, point d’origine du fléau d’où nul n’est jamais revenu. Dès le début, le choix d’un masque détermine la classe et le passé du personnage : Voleur, Chevalier, Sorcier, Érudit, Inquisiteur, Guerrier ou Oublié. Ce dernier commence au niveau 1, sans équipement, pour les joueurs en quête de défi.
La narration, très environnementale, rappelle la philosophie de FromSoftware, et plus particulièrement celle de King’s Field. Les dialogues, documents et indices visuels disséminés dans le monde enrichissent progressivement la compréhension de l’intrigue. Le jeu laisse une grande liberté : on peut ignorer l’histoire et foncer tête baissée, mais tendre l’oreille récompense souvent la curiosité par des indices précieux.
Un gameplay exigeant et personnalisable
Verho – Curse of Faces se joue à la première personne et propose un système de combat basé sur la charge des coups. Une attaque rapide inflige des dégâts minimes, tandis qu’un coup maintenu remplit une jauge qui augmente la puissance. L’arc et les sorts nécessitent une charge maximale pour être efficaces. La gestion de l’endurance est cruciale : bloquer consomme la barre jaune, et tomber à zéro rend vulnérable.
Le jeu met l’accent sur la plateforme, utile pour distancer les ennemis ou atteindre des zones secrètes. L’arsenal est varié (épées, lances, arbalètes…), mais chaque arme exige des prérequis dans six statistiques : Force, Dextérité, Intelligence, Constitution, Pouvoir et Résistance. Les anneaux constituent l’unique forme d’armure et offrent des bonus variés. Le système d’affinités élémentaires (feu, glace, foudre, poison, ténèbres, lumière, vent) et d’altérations d’état ajoute une profondeur tactique certaine.
Le bestiaire souffre cependant d’un recours massif au recolor : de nombreux ennemis partagent le même visuel avec des patterns différents. La difficulté reste accessible dans l’ensemble, mais les pics surviennent lors de rencontres inattendues ou de chutes mortelles. Les boss, en revanche, sont particulièrement réussis, avec des attaques lisibles mais punitives, souvent en deux phases.
Un monde ouvert labyrinthique aux secrets bien gardés
L’exploration est au cœur de l’expérience. Le monde est ouvert, mais certains passages nécessitent des objets clés. Le level design se révèle labyrinthique et truffé de secrets : passages cachés, murs invisibles, petites énigmes. Le Village Sans Nom sert de hub central avec marchands, PNJ et quêtes. Certaines quêtes secondaires sont obligatoires pour progresser, et les choix du joueur influencent discrètement le destin des personnages.
Un point frustrant : il est quasi impossible de fuir un combat. Les ennemis poursuivent sans relâche, et certains (volants ou à portée globale) atteignent le joueur partout. Se reposer à une statue du Créateur fait réapparaître tous les monstres, mais monter de niveau soigne et sauvegarde sans réinitialiser la zone, une astuce bienvenue.
Une direction artistique rétro assumée
Visuellement, Verho – Curse of Faces rend un hommage appuyé aux jeux PlayStation 1, avec des décors plus fournis. Le rendu est volontairement pixelisé et daté, mais renforce l’atmosphère austère et désolée. Les animations sont de meilleure qualité que sur PS1, surtout pour les boss, mais certains ennemis ordinaires restent robotiques. La bande-son est très réussie : discrète en exploration, elle s’impose lors des combats de boss avec des thèmes mélancoliques et dynamiques. Le sound design des affrontements offre un excellent feedback, et les bruits d’ambiance (vent, mer) accentuent l’immersion.
Durée de vie et modes additionnels
Comptez entre 7 et 13 heures pour terminer l’aventure principale, selon votre rythme d’exploration. Pour les complétistes, il faut viser entre 15 et 20 heures, voire davantage. Trois modes s’ajoutent au mode Normal : le Hardcore (mort définitive, ennemis renforcés) et le Randomizer (redistribution aléatoire des objets et des monstres). De quoi prolonger l’expérience pour les plus courageux.
Conclusion : un hommage réussi, mais pas sans défauts
Verho – Curse of Faces réussit le pari de transformer un style rétro en une expérience étonnamment moderne. L’aventure est intrigante, la diversité des builds impressionnante, et les boss sont soignés. L’immersion narrative est forte, et la curiosité pour le lore est toujours récompensée. Cependant, certains aspects rebuteront : le mystère entretenu manque parfois de clarté, les combats contre le bestiaire de base deviennent redondants, et le recolor massif nuit à la variété. Malgré ces défauts, l’expérience globale reste captivante et gratifiante pour les amateurs d’action-RPG exigeants et atmosphériques.
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