Test de Disgaea Mayhem sur Switch 2 : un action-RPG qui manque de saveur

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Disgaea Mayhem est un action-RPG de type hack-and-slash qui reprend l’esthétique, les éléments de gameplay et l’ambiance générale de la série Disgaea, traditionnellement tournée vers le tactical RPG. Sur le papier, l’idée semble prometteuse, mais dans la pratique, le résultat est moins convaincant.

Un gameplay simple mais répétitif

Les joueurs familiers de la série Disgaea retrouveront immédiatement l’apparence visuelle caractéristique de la franchise. L’approche fantaisiste ajoute une couche de familiarité bienvenue. Cependant, le joueur est rapidement plongé dans l’action avant même de comprendre les enjeux narratifs. Heureusement, les mécaniques de jeu ne sont pas difficiles à appréhender : attaque légère, attaque lourde, esquive, attaque chargée, etc. Au fil de la progression, différentes armes sont débloquées et améliorées, modifiant légèrement le gameplay, mais l’approche générale reste identique du début à la fin.

Les premiers niveaux sont agréables et dynamiques. Le combat de type musou (un contre mille, ou plutôt un contre quelques dizaines ici) s’intègre bien dans cet univers. Mais des failles apparaissent rapidement. Les jeux musou sont répétitifs par nature, mais la lassitude s’installe ici bien plus vite que prévu. Les environnements sont peu variés et assez petits, surtout en comparaison des vastes cartes d’un Samurai Warriors ou Dynasty Warriors. Le cheminement est également très linéaire : petit groupe d’ennemis, petit groupe, sous-boss. En fait, il faut rejouer chaque niveau trois fois avant d’affronter le boss final.

Une histoire légère et peu engageante

Entre les niveaux, de nombreuses options de développement du personnage sont proposées. Le protagoniste s’appelle N.A. (ce n’est pas une abréviation, c’est son vrai nom). L’objectif ? Récupérer du flan. Littéralement. Six serviteurs se sont retournés contre Tichelle, la suzeraine du Super Duper Netherworld. Ils ont volé et mangé tout son flan. Elle ne veut pas les tuer, elle veut juste récupérer son dessert. Le joueur doit donc les aider à comprendre leurs erreurs… avant digestion, probablement. L’histoire est amusante mais pas très captivante.

Des éléments Disgaea bien présents mais mal intégrés

Si ni l’intrigue ni l’action ne motivent vraiment, que reste-t-il ? Les éléments typiques de Disgaea sont là : amélioration du personnage et des objets, recrutement et équipement de “copains” débloqués en battant certaines espèces (avec un impact limité sur le champ de bataille), réincarnation pour améliorer les statistiques de base, exploration de différents mondes pour obtenir des récompenses. L’activité la plus intéressante est l’Assemblée du Chocolat Noir, où le joueur présente des projets de loi pour obtenir des avantages au combat ou débloquer des fonctionnalités. Il faut convaincre les membres de l’assemblée de voter en sa faveur, puis vérifier les résultats. Si le projet est adopté, tant mieux. Sinon, il faut intimider l’assemblée jusqu’à obtenir gain de cause. C’est rapide et vivant, mais cela place l’optimisation et le leveling au centre du jeu. Or, la progression du personnage et des armes ne devrait pas être le cœur d’un musou, l’action devrait l’être. Ce n’est pas le cas, et c’est étrange.

Des performances correctes sur Switch 2

Le jeu tourne plutôt bien sur Switch 2, mais il faut choisir entre un mode qualité et un mode performance. Le mode qualité est généralement suffisant car les combats ne sont jamais assez complexes pour exiger une fluidité parfaite. La version Switch originale est également disponible, et le mode performance y sera probablement plus adapté.

Une durée de vie très courte

Enfin, l’aventure se termine bien trop rapidement. Il est possible de terminer le jeu en moins de dix heures, voire en cinq heures si l’on ne passe pas trop de temps à optimiser N.A. et ses armes (ce qui n’est pas vraiment nécessaire, car Disgaea Mayhem n’est pas très difficile). C’est un changement radical par rapport aux dizaines d’heures nécessaires pour terminer un Disgaea classique. Des DLC sont disponibles, mais ils se limitent actuellement à des éléments cosmétiques et des armes, sans prolonger l’expérience.

Cela rend Disgaea Mayhem difficile à recommander à son prix actuel de 60 $. C’est du flan sans plat principal, du pudding sans viande. Les fans inconditionnels de Disgaea apprécieront peut-être cette incartade différente mais respectueuse de l’esprit de la série, mais les amateurs de musou ou de hack-and-slash exigeants feraient mieux de passer leur chemin.

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