Control Resonant marque un tournant audacieux pour la franchise de Remedy. Fini le TPS orienté shooter du premier opus, place à un action-RPG nerveux et profond, tout en conservant l’ADN si particulier du studio finlandais. Après plus de 25 heures passées dans ce Manhattan surnaturel, force est de constater que le pari est réussi, malgré quelques réserves.
Une histoire toujours aussi fascinante
Sept ans après les événements du premier Control, Dylan Faden se réveille d’un long coma. Son frère, Jesse, a disparu et le Hiss a pris le contrôle de Manhattan, plongeant la ville dans un chaos sans précédent. Accompagné du BFC et de quelques visages familiers, Dylan part à la recherche de sa sœur, tout en affrontant les forces corrompues qui rôdent.
Pas besoin d’avoir terminé le premier jeu pour comprendre l’intrigue : un résumé complet est disponible dès le début. Et quelle intrigue ! Remedy déploie une fois de plus son talent pour les récits complexes et émotionnels. Le lore du « Remedyverse » s’étend encore, avec des liens évidents avec Alan Wake 2. Les séquences de mise en scène, influencées par Inception, sont maîtrisées et souvent jouissives. Dylan s’avère être un protagoniste attachant, et l’on prend plaisir à découvrir son passé et celui de Jesse.
Seul bémol : les choix de dialogue, bien que présents, n’ont qu’un impact limité sur le déroulement de l’histoire. Ils influencent quelques quêtes annexes ou relations entre personnages, mais la fin reste la même. Une mécanique qui semble artificielle, mais qui n’entache pas la qualité globale du récit.
Un gameplay action-RPG jouissif
Le changement le plus radical de Control Resonant réside dans son gameplay. Exit les armes à feu, Dylan manie désormais une arme blanche transformable, capable de prendre la forme d’une faux, d’un hachoir ou de bâtons rapides. Les combats sont fluides, nerveux et terriblement satisfaisants. Les esquives en dash, les combos dévastateurs et le feeling général impressionnent pour une première incursion de Remedy dans l’action-RPG pur.
Dylan dispose également d’une arme secondaire pour étourdir les ennemis, ouvrant la voie à des exécutions stylées. Une troisième forme d’arme, utilisée en fin de combo, permet d’infliger davantage de dégâts ou d’affaiblir les adversaires. Les pouvoirs des Resonants, les boss du jeu, viennent compléter l’arsenal. Une fois vaincus, ils offrent un choix de compétences à utiliser en combat, moyennant une jauge d’énergie qui se remplit en frappant.
Malgré tout, la lisibilité de l’action peut parfois poser problème. Le système de verrouillage est capricieux et la caméra peut se montrer gênante dans les affrontements les plus chaotiques. Heureusement, ces désagréments restent minoritaires et n’empêchent pas de prendre un plaisir immense à décimer les hordes du Hiss.
L’Intervalle, un hub de progression bien pensé
Pour faire monter en puissance Dylan, direction l’Intervalle, une sorte de subconscient matérialisé, similaire au palais mental d’Alan Wake. On y trouve un arbre de compétences classique mais efficace, permettant d’améliorer pouvoirs et statistiques grâce aux points de talent gagnés en montant de niveau.
L’Intervalle sert aussi à améliorer ses armes et à crafter des artefacts. Ces derniers, équipables jusqu’à trois, offrent des bonus variés, comme des coups critiques accrus ou la possibilité d’utiliser sa santé comme énergie. Le système est bien huilé et s’intègre parfaitement à l’univers de Remedy.
Un monde ouvert généreux et addictif
Control Resonant opte pour une structure en zones ouvertes, chacune pouvant être améliorée jusqu’au niveau 10. En accomplissant des quêtes, en éliminant des ennemis ou en relevant des défis, on gagne des points de talent et on débloque de nouvelles primes, des fournisseurs améliorés et des artefacts rares. Cette boucle de gameplay, bien que répétitive sur le papier, s’avère étonnamment addictive.
Le titre conserve également une dimension metroidvania, avec des zones inaccessibles au début, nécessitant de nouveaux pouvoirs ou badges. Les Resonants, en plus d’être des boss, offrent des pouvoirs supplémentaires pour personnaliser son build. La liberté laissée au joueur est appréciable, et la difficulté reste bien équilibrée grâce aux améliorations de zones et aux collectables disséminés dans les coffres.
Les missions secondaires, en dehors des primes un peu répétitives, offrent des moments narratifs intéressants et cassent la routine. Control Resonant est généreux en contenu et tente des choses inédites, avec un succès indéniable.
Conclusion
Control Resonant est une suite audacieuse qui réussit son virage action-RPG. L’histoire est captivante, le gameplay jouissif et le monde ouvert généreux. Malgré quelques défauts de caméra et des choix de dialogue peu impactants, Remedy signe une nouvelle pépite qui ravira les fans du premier opus comme les nouveaux venus.
