Le Pan European Game Information Board (PEGI) a relevé à 16 ans la classification de plusieurs jeux mobiles édités par Nintendo et The Pokémon Company. Cette décision, qui s’inscrit dans un durcissement des règles européennes sur les jeux intégrant des mécaniques de type gacha ou loot boxes, concerne cinq titres majeurs : Fire Emblem Heroes, Mario Kart Tour, Pokémon Masters EX, Pokémon TCG Pocket et Pokémon Go.
Ces jeux, qui étaient auparavant classés pour un public plus jeune, voient leur classification passer à 16 ans dans toute l’Europe. Cette modification reflète la volonté des organismes de classification de mieux encadrer les jeux contenant des éléments assimilables à des jeux d’argent, même lorsqu’ils sont intégrés à des franchises familiales populaires.
Pourquoi ces jeux sont-ils concernés ?
Les cinq titres cités partagent un point commun : ils incluent tous des mécaniques de type gacha ou loot boxes. Ces systèmes, qui reposent sur l’achat d’objets virtuels aléatoires avec de l’argent réel ou de la monnaie virtuelle, sont de plus en plus scrutés par les régulateurs européens. Le PEGI a ainsi décidé d’harmoniser sa classification pour ces jeux, en les plaçant dans la catégorie 16 ans, réservée aux contenus pouvant présenter un risque pour les plus jeunes.
Cette décision n’est pas isolée : elle s’inscrit dans un mouvement plus large de sensibilisation aux risques liés aux achats intégrés et aux mécaniques de jeu de hasard dans les jeux vidéo. Plusieurs pays européens, comme la Belgique, ont déjà adopté une position plus stricte en interdisant purement et simplement certains de ces jeux sur leur territoire.
Un impact sur les joueurs et les éditeurs
Pour les joueurs, ce changement de classification signifie que ces jeux ne seront plus recommandés pour les moins de 16 ans. Les parents sont ainsi alertés sur la présence de ces mécaniques, ce qui peut influencer leurs décisions d’achat ou de téléchargement. Les éditeurs, de leur côté, devront peut-être adapter leurs stratégies de monétisation ou communiquer plus clairement sur la présence de ces éléments dans leurs jeux.
Il est important de noter que cette classification ne modifie pas le contenu des jeux eux-mêmes, mais uniquement l’étiquette d’âge qui leur est associée. Les joueurs actuels ne verront donc pas de changement dans leur expérience de jeu, mais les nouveaux utilisateurs pourraient être davantage sensibilisés avant de se lancer.
Un contexte européen de plus en plus strict
La décision du PEGI intervient dans un contexte où les autorités européennes examinent de près les pratiques des éditeurs de jeux vidéo en matière de monétisation. Les loot boxes et les gachas sont souvent comparés à des jeux de hasard, et plusieurs pays ont déjà pris des mesures pour les encadrer, voire les interdire. La Belgique, par exemple, a interdit les loot boxes payantes en 2018, ce qui a conduit certains éditeurs à retirer leurs jeux du marché belge.
Cette évolution réglementaire pourrait avoir des conséquences à long terme sur l’industrie du jeu mobile, qui repose en grande partie sur ces modèles économiques. Les éditeurs pourraient être amenés à repenser leurs systèmes de monétisation pour se conformer aux nouvelles exigences, tout en préservant l’engagement des joueurs.
Quels jeux sont concernés ?
Voici la liste des cinq jeux dont la classification a été relevée à 16 ans en Europe :
- Fire Emblem Heroes : le jeu de stratégie mobile de Nintendo, connu pour ses invocations de héros aléatoires.
- Mario Kart Tour : le jeu de course mobile, qui propose des tuyaux de lancement pour obtenir des pilotes et des karts aléatoires.
- Pokémon Masters EX : le jeu de combat mobile, avec des recrutements de dresseurs aléatoires.
- Pokémon TCG Pocket : le jeu de cartes à collectionner mobile, qui inclut des boosters virtuels.
- Pokémon Go : le célèbre jeu de réalité augmentée, qui propose des œufs à incuber et des raids avec des récompenses aléatoires.
Ces jeux sont tous extrêmement populaires et touchent un large public, y compris de nombreux enfants et adolescents. La nouvelle classification vise à mieux protéger ces publics des risques potentiels liés aux achats intégrés et aux mécaniques de hasard.
Une décision qui pourrait faire école
Cette décision du PEGI pourrait inciter d’autres organismes de classification à adopter des mesures similaires. Elle pourrait également pousser les éditeurs à revoir leurs pratiques, en proposant par exemple des alternatives aux loot boxes ou en renforçant les contrôles parentaux. Pour l’instant, Nintendo et The Pokémon Company n’ont pas réagi officiellement à ce changement de classification, mais il est probable qu’ils devront s’adapter à cette nouvelle donne réglementaire.
En attendant, les joueurs européens peuvent continuer à profiter de ces jeux, mais avec une information plus claire sur leur contenu. Cette transparence accrue est une avancée pour la protection des consommateurs, même si elle ne résout pas tous les débats autour des loot boxes.

