Développé par Rebel Wolves, studio fondé par d’anciens de CD Projekt RED, The Blood of Dawnwalker était attendu au tournant. Cet action-RPG en monde ouvert, fortement inspiré de The Witcher, parvient-il à se démarquer ? Après une trentaine d’heures de jeu sur PS5, notre verdict est nuancé : une proposition audacieuse sur la forme, mais une finition technique qui laisse à désirer.
Une vallée des Carpates sous la coupe des vampires
Le jeu nous plonge dans la vallée fictive de Val Sangora, en pleine épidémie de peste au XIVe siècle. Les Vrakhiri, des vampires insensibles à la maladie, y ont pris le pouvoir en échange de leur sang guérisseur. Coen, un jeune homme dont la famille a été capturée par le seigneur vampire Brencis, se retrouve transformé en « Vespéral », un hybride capable de marcher au soleil. Il dispose de 30 jours et 30 nuits pour sauver les siens, une course contre la montre qui structure toute l’aventure.
La gestion du temps, une mécanique centrale réussie
La grande originalité de The Blood of Dawnwalker réside dans sa gestion du temps. Chaque journée est divisée en segments consommés lors de certaines actions ou quêtes. Explorer, accomplir de petites tâches ou discuter ne fait pas avancer l’horloge, mais nettoyer un camp, aider un PNJ ou pénétrer dans une grotte demande un certain nombre de segments. Cette ressource précieuse force le joueur à hiérarchiser ses priorités, créant une tension permanente. Contrairement à ce que l’on pourrait craindre, elle n’impose pas de rusher : seules les quêtes liées à la famille de Coen sont soumises à cette limite de 30 jours. Les autres quêtes évoluent également avec le temps, mais sans jamais mener à un game over. Cette mécanique, intelligemment implémentée, donne enfin du poids aux choix du joueur, contrairement à de nombreux mondes ouverts où l’urgence narrative est contredite par la liberté d’exploration.
Des choix aux conséquences durables
Sur le plan narratif, le titre de Rebel Wolves propose une écriture solide, bien que sans réelle originalité. On retrouve des quêtes de pistage à la The Witcher, des personnages hauts en couleur et une ambiance immersive. Mais c’est surtout dans la gestion des choix que le jeu se démarque. Chaque dialogue, chaque décision a des répercussions permanentes : un personnage important peut mourir, une alliance peut être rompue, et il est impossible de tout voir en une seule partie. La personnalité de Coen évolue également en fonction de vos réponses, un système qui rappelle ce que les joueurs attendaient de Fallout 4 sans jamais l’obtenir.
La jauge de soif ajoute une couche supplémentaire : si Coen est affamé, les options de dialogue disparaissent, ne laissant que le choix de céder à sa nature vampirique. Une mécanique qui renforce l’immersion et pousse à surveiller son état en permanence.
Un gameplay varié et des combats dynamiques
Le cycle jour/nuit conditionne l’approche : de jour, Coen utilise la magie et son épée ; de nuit, il débloque des capacités vampiriques comme la morsure, les déplacements rapides et la marche verticale. Cette dualité enrichit l’exploration et les possibilités de quêtes. Les combats, qui semblaient plats dans les présentations, s’avèrent agréables grâce à un système de posture : orienter son arme dans la bonne direction pour parer ou attaquer efficacement. On regrette cependant quelques problèmes de ciblage lors de l’utilisation de certaines capacités, qui peuvent désorienter le joueur.
Une technique encore fragile
Malheureusement, notre session de test s’est déroulée sans le patch day one, et les problèmes de finition sont nombreux : soft locks, scripts qui ne se déclenchent pas, comportements erratiques des personnages, image dégradée… Le mode qualité offre un framerate difficilement justifiable, et le mode équilibré peine à maintenir 40 images par seconde. Nous n’avons pas pu tester le mode 60 fps. On espère que le patch day one corrigera ces défauts, mais dans l’état actuel, l’expérience technique est clairement perfectible.
Conclusion
The Blood of Dawnwalker réussit son pari sur le plan du game design : sa mécanique de temps est une vraie réussite, et son système de choix aux conséquences permanentes lui confère une identité propre. Si la narration ne brille pas par son originalité, elle est solide et immersive. Reste la technique, qui devra être impérativement améliorée pour profiter pleinement de l’aventure. Les fans de The Witcher y trouveront sans doute leur compte, à condition d’être patients.

