Nvidia s’apprête à lancer sa très controversée technologie DLSS 5, qui promet de révolutionner le rendu des jeux vidéo grâce à l’IA générative. Disponible dès demain, elle sera d’abord réservée à un seul titre : NBA 2K7. Mais les premières analyses révèlent un impact inattendu sur les performances, avec une chute drastique du nombre d’images par seconde.
Une technologie à la pointe, mais critiquée
Le DLSS 5 introduit le concept de « rendu neuronal 3D guidé », une évolution majeure par rapport aux précédentes versions. Nvidia explique dans un billet de blog que cette technologie ne se contente plus d’améliorer les performances ou la résolution, mais va jusqu’à « générer l’éclairage et les détails de matériaux que les contraintes de performances en temps réel obligeaient auparavant les développeurs à supprimer ». L’objectif affiché : permettre aux artistes de réaliser leur vision originale.
Cependant, c’est précisément cette capacité à modifier l’apparence des jeux qui a suscité la polémique. Plus tôt cette année, Nvidia avait partagé des images de Resident Evil Requiem montrant le personnage de Grace Ashcroft altéré par le DLSS 5. Son visage apparaissait sensiblement différent, ce qui a valu à la technologie des accusations de « yassification », c’est-à-dire une beauté artificielle calquée sur les filtres des réseaux sociaux. Le week-end dernier, des moddeurs ont également expérimenté avec le DLSS 5 sur Control, GTA 5, Cyberpunk 2077 et The Witcher 3, avec des résultats là encore discutables, notamment un Geralt qui semble avoir pris un coup de vieux.
Des performances en berne malgré les promesses
Ironie du sort pour une technologie historiquement dédiée à l’amélioration des performances, le DLSS 5 semble aujourd’hui provoquer l’effet inverse. Les graphiques publiés par Nvidia affichent certes des fréquences d’images élevées, mais ils s’appuient sur la génération multi-images 6x, multipliant artificiellement les chiffres. Une fois ce facteur retiré, la réalité est bien différente : une GeForce RTX 5060 ne parvient qu’à 43 FPS en 1080p sur NBA 2K7 avec les réglages Ultra, tandis qu’une RTX 5090 dépasse tout juste les 60 FPS en 4K.
Nvidia reconnaît toutefois des progrès rapides : « Depuis l’annonce initiale du DLSS 5 en mars, nos progrès ont été rapides : de l’exécution sur deux GeForce RTX 5090 à une seule carte graphique, nous avons obtenu un gain de performance de 5X en seulement six mois. » La société promet de nouvelles optimisations à l’automne.
Un choix laissé aux joueurs
Face aux critiques, Nvidia insiste sur la flexibilité du DLSS 5. Les développeurs et les joueurs peuvent l’utiliser plus ou moins intensément, voire le désactiver complètement. Le billet de blog met en avant des captures comparatives de NBA 2K7 où l’éclairage semble effectivement plus réaliste, avec les visages des basketteurs Cade Cunningham et Tyrese Haliburton subtilement modifiés.
Le lancement de demain, prévu pour 21h PDT (5h BST vendredi), concernera uniquement les GeForce RTX 50 series, les laptops équipés de ces GPU et GeForce Now. Si les promesses sont ambitieuses, la question demeure : les joueurs accepteront-ils de sacrifier des performances pour un rendu visuel potentiellement controversé ?

