Rockstar avant GTA : cinq pépites oubliées qui méritent le détour

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Lorsque l’on évoque Rockstar Games aujourd’hui, les pensées se tournent immédiatement vers des mondes ouverts gigantesques comme ceux de Grand Theft Auto ou de Red Dead Redemption. Pourtant, avant de devenir ce géant hyper-focalisé, le studio fondé notamment par les frères Houser a traversé une période d’expérimentation intense, entre la sixième et la septième génération de consoles. Rockstar a alors exploré des territoires moins balisés, donnant naissance à des jeux risqués, hors normes ou étonnamment pointus. Certains de ces titres ont malheureusement été mis de côté, jusqu’à s’estomper dans la mémoire collective. Retour sur cinq pépites signées Rockstar qui méritent d’être redécouvertes.

Manhunt : la provocation à l’état brut

Grand Theft Auto a souvent fait scandale, mais c’est sans doute Manhunt qui a poussé la provocation le plus loin. Sorti en novembre 2003 sur PlayStation 2, puis sur Xbox et PC, ce jeu développé par Rockstar North plonge le joueur dans une atmosphère cauchemardesque. On y incarne James Earl Cash, un condamné à mort sauvé in extremis de l’injection létale pour se réveiller prisonnier d’un réalisateur de snuff movies pervers. Ce dernier le force à survivre dans un quartier peuplé de gangs psychopathes, le tout filmé pour son plaisir morbide.

Le gameplay abandonne la frénésie de GTA pour une approche furtive et horrifique. Se cacher dans l’ombre, utiliser un indicateur de visibilité, et surprendre ses ennemis par derrière sont les clés de la survie. Le système d’exécutions propose trois niveaux de férocité, avec des armes improvisées allant du sac plastique à la scie circulaire. L’ambiance glauque et la tension psychologique sont renforcées par un sound design soigné. Malgré une certaine répétitivité, le jeu a marqué les esprits et a eu droit à une suite en 2007, Manhunt 2, qui a elle aussi été au cœur de nombreuses polémiques et censures, au point que sa commercialisation a été bloquée en Italie par le ministre des Communications de l’époque, Paolo Gentiloni.

Midnight Club : la course arcade sans limites

Avant que le genre des courses arcade ne soit dominé par quelques franchises, Rockstar San Diego a lancé Midnight Club. Le premier épisode, Midnight Club: Street Racing, est sorti en octobre 2000 comme titre de lancement de la PlayStation 2, avec une adaptation sur Game Boy Advance. La série a ensuite évolué avec Midnight Club II en 2003, puis a atteint son apogée avec Midnight Club 3: DUB Edition en 2005, enrichi d’une version Remix en 2006. Le dernier opus principal, Midnight Club: Los Angeles, est apparu sur PS3, Xbox 360 et PSP en 2008.

Le concept est simple : incarner un pilote inconnu qui gravit les échelons des courses illégales nocturnes. La particularité de la série réside dans l’absence de murs invisibles : les tracés sont ouverts et libres, matérialisés par des checkpoints lumineux. Le joueur doit choisir sa propre trajectoire, en coupant par les ruelles, les parcs ou les rampes, tout en évitant un trafic urbain impitoyable. Avec le troisième épisode, la personnalisation des véhicules atteint des sommets, et des capacités spéciales comme Zona, Ariete et Furia ajoutent une dimension stratégique. Le sentiment de vitesse et la bande-son mémorable ont fait de Midnight Club une expérience unique, malheureusement abandonnée lorsque Rockstar San Diego s’est concentré sur Red Dead Redemption et Max Payne 3.

Beaterator : quand Rockstar sort de sa zone de confort

Peu de gens se souviennent de Beaterator, et pourtant ce projet incarne à merveille la volonté de Rockstar d’explorer de nouveaux horizons. Développé par Rockstar Leeds en collaboration avec le producteur Timbaland, ce titre PSP est sorti en 2009 avant d’arriver sur iOS. Il s’agit d’un véritable outil de production musicale déguisé en jeu vidéo.

Beaterator propose trois modes : Live Play pour enchaîner boucles et samples en direct, Studio avec un séquenceur huit pistes complet (visualiseur de formes d’onde, effets, synthétiseurs virtuels, drum pad personnalisable), et Song Crafter pour assembler la structure finale des morceaux. D’une profondeur insoupçonnée, le logiciel transforme la PSP en véritable station de MAO, tout en restant accessible. Évidemment, ce produit de niche n’a pas trouvé son public, mais il a montré une facette inédite de Rockstar, que beaucoup aimeraient revoir.

Rockstar Games Presents Table Tennis : la simulation parfaite

Quand Rockstar a annoncé en mars 2006 travailler sur une simulation de ping-pong, beaucoup ont cru à une blague. Pourtant, Rockstar Games Presents Table Tennis était on ne peut plus sérieux. Sorti en mai 2006 sur Xbox 360, puis en 2007 sur Wii avec les contrôles de mouvement, le jeu propose onze athlètes aux styles variés. Derrière son apparence simple se cache un gameplay d’une précision redoutable.

Topspin, backspin, effets : chaque échange devient un duel tactique où il faut lire la rotation de la balle et réagir au bon moment pour remplir une jauge de concentration, permettant des coups puissants ou placés. Mais l’importance historique de ce titre réside surtout dans sa technologie : Table Tennis a été le premier banc d’essai du moteur RAGE, utilisé ensuite par tous les grands jeux Rockstar. L’absence de mode carrière et la faible longévité solo ont nui au jeu, mais son multijoueur addictif a marqué les esprits.

The Warriors : l’adaptation cinématographique réussie

Sorti en octobre 2005 sur PS2 et Xbox, puis sur PSP en 2007, The Warriors est souvent cité comme l’une des meilleures adaptations de film en jeu vidéo. Développé par Rockstar Toronto, il rend hommage au film culte de Walter Hill sorti en 1979. La structure narrative est brillante : les deux premiers tiers du jeu servent de préquelle, racontant les trois mois précédant le rassemblement de Van Cortlandt Park, la formation du gang et l’histoire de ses membres. Le dernier acte reprend les événements du film, avec l’assassinat de Cyrus et la fuite nocturne des Warriors à travers New York.

Le gameplay s’inspire des beat’em up en 3D : combos, projection d’ennemis dans le décor, prises en duo, et utilisation d’objets du décor comme armes. Mais le joueur doit aussi gérer sa réputation de gang : vols, pickpockets, effraction de voitures, et tags à la bombe. La coopération, bien qu’accessoire, ajoute au plaisir. Malgré une caméra parfois capricieuse, The Warriors reste une preuve du talent de Rockstar pour adapter et enrichir une œuvre originale.

Alors, quelles autres pépites « perdues » de Rockstar aimeriez-vous voir ressuscitées ? N’hésitez pas à partager vos souvenirs en commentaires. Et bien sûr, on ne parle pas de Bully (ou Canis Canem Edit en Europe) : celui-là, personne ne l’a oublié, surtout ceux qui attendent toujours un remake.

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