Francesca Baerald a peint des cartes pour Dragon Age, Diablo, Warcraft, Octopath Traveler ou encore Donjons & Dragons. Son travail, reconnaissable entre mille, orne des jeux vidéo, des jeux de rôle sur table, des jeux de société et des romans graphiques. Aujourd’hui, l’artiste italienne rassemble plus de 250 de ses créations dans un livre d’art hors norme, Unbound – The Cartography Art Book.
Le projet est en cours de financement sur Kickstarter. Et il cartonne : plus de quatre fois l’objectif initial de 20 000 £ a déjà été récolté, alors qu’il reste plusieurs semaines de campagne. Une réussite qui confirme l’attrait des joueurs pour ces cartes peintes à la main, véritables portes d’entrée vers des mondes imaginaires.
Un format A3 pour magnifier le travail à l’aquarelle
Le livre se distingue par son format : un A3 surdimensionné, pensé pour mettre en valeur chaque détail des cartes. Baerald travaille presque exclusivement à l’aquarelle, une approche rare dans l’industrie où le numérique domine. « Je crois qu’une carte parfaite doit inspirer les joueurs et les lecteurs dès le premier regard », expliquait-elle il y a deux ans. « Je vois les cartes non pas comme des instruments pour trouver des directions dans un jeu, mais comme des portes d’entrée décorées et accueillantes qui vous entraînent dans le monde du jeu. »
Cette philosophie transparaît dans chaque planche. Les montagnes, les forêts, les cités et les mers prennent vie sous ses pinceaux, avec une précision qui frôle l’obsession. Le livre promet une qualité d’impression irréprochable, sur un papier épais qui rend justice aux couleurs et aux textures.
Trois éditions, dont une à 2 000 €
Les prix sont à la hauteur de l’objet. L’édition standard coûte 150 €, l’édition premium 250 €. Pour les collectionneurs fortunés, une édition limitée à 2 000 € est proposée : reliée à la main en Italie par l’atelier Bottega dei Gozzi, selon des techniques anciennes. Un luxe assumé, qui rappelle que le livre d’art est aussi un objet de bibliophilie.
Le projet est annoncé comme terminé à 99 %. Les exemplaires ne seront toutefois pas expédiés avant l’été prochain. Une attente frustrante, mais cohérente avec le soin apporté à la fabrication. Reste à savoir si le succès de la campagne incitera d’autres artistes à suivre cette voie artisanale, loin des rendus numériques standardisés.
