Huawei a dévoilé le MatePad Pro Max, une tablette qui veut brouiller les frontières avec le PC portable. Avec son écran OLED PaperMatte de 13,2 pouces, son châssis de 4,7 mm d’épaisseur et son poids de 509 grammes, elle impressionne sur le papier. Mais la vraie question est de savoir si elle peut réellement remplacer un ordinateur, surtout avec HarmonyOS 4.3 et l’absence des services Google.
Un design extrême, une architecture repensée
Le MatePad Pro Max est un exploit d’ingénierie. Huawei a réussi à loger un écran de 13,2 pouces dans un corps plus fin que la plupart des smartphones. La nouvelle architecture Cloud Falcon, avec sa carte mère centralisée et son système de dissipation à double couche, permet de maintenir des performances élevées sans ventilateur. La structure en alliage d’aluminium est renforcée, offrant une résistance à la flexion supérieure de 60 % par rapport à la génération précédente, certifiée TÜV Rheinland. Cependant, l’absence de certification IP contre l’eau et la poussière est regrettable pour un appareil à ce prix.
Le point fort reste l’écran. Le PaperMatte OLED de 13,2 pouces au format 3:2 est idéal pour la productivité. Sa surface nanotexturée réduit drastiquement les reflets et donne une sensation proche du papier lors de l’utilisation du stylet M-Pencil Pro. La résolution de 3000 × 2000 pixels, le taux de rafraîchissement de 144 Hz et la luminosité de pointe de 1600 nits en font un panneau haut de gamme. Toutefois, la finition mate atténue le contraste et la brillance par rapport à un OLED classique, ce qui peut décevoir pour le visionnage de films.
Des performances solides, mais un écosystème limité
Sous le capot, le Kirin T93 Pro, une variante sans modem du Kirin 9030 Pro, offre des performances fluides pour le multitâche et les applications exigeantes. La batterie de 9760 mAh assure une autonomie d’environ 9 à 10 heures en usage mixte, et jusqu’à 15-16 heures en lecture vidéo. La charge rapide de 66 W permet de récupérer la majorité de la batterie en moins d’une heure, mais le chargeur n’est pas inclus dans la boîte européenne, et c’est un recul par rapport aux 100 W du modèle précédent.
Le vrai problème reste HarmonyOS. Sans les services Google, l’accès aux applications est limité à l’AppGallery de Huawei, qui manque cruellement d’applications populaires comme YouTube, Gmail ou Google Drive. Les alternatives existent, mais l’expérience est loin d’être aussi fluide que sur un iPad ou une tablette Android classique. Pour un appareil vendu comme un outil de productivité, c’est un handicap majeur.
La caméra arrière de 50 MP est correcte pour un usage occasionnel, mais photographier avec une tablette de 13 pouces reste peu pratique. La caméra frontale de 12 MP est suffisante pour les visioconférences, et son intégration dans la bordure évite toute encoche sur l’écran.
Un prix premium pour un public de niche
À 1199 € avec le clavier Glide, le stylet M-Pencil Pro et un an de Huawei Care, le MatePad Pro Max se positionne face à l’iPad Pro et aux tablettes Android haut de gamme. Mais son écosystème logiciel le rend difficile à recommander pour le grand public. Il s’adresse avant tout aux utilisateurs déjà investis dans l’univers Huawei ou à ceux qui recherchent une tablette Android sans les services Google, pour des raisons de confidentialité ou de préférence personnelle.
Le MatePad Pro Max est une prouesse technique, mais il reste un produit de niche. Huawei doit encore convaincre que sa tablette peut remplacer un PC, et l’absence des services Google reste un obstacle de taille. Reste à voir si les futurs développements d’HarmonyOS pourront combler ce fossé.








