Call of Duty: Modern Warfare 4 s’annonce comme un tournant pour la série. Développé par Infinity Ward, le studio à l’origine de la franchise, ce nouvel opus bénéficie d’un cycle de développement de quatre ans, le plus long de l’histoire de Call of Duty. Cette prise de temps se ressent dans la qualité globale du titre, qui impressionne sur tous les fronts : un multijoueur nerveux, une campagne qui évite le simple réchauffé, et un mode extraction ambitieux nommé DMZ.
Un multijoueur peaufiné à l’extrême
Le cœur de l’expérience multijoueur de Modern Warfare 4 repose sur un gunplay d’une précision remarquable. Les armes, au nombre de plus de trente, se distinguent par leur personnalité sonore et visuelle. Le fusil de sniper KG-7 Vulkan, par exemple, arbore un corps en bois usé et une peinture verte écaillée qui évoquent un arsenal nord-coréen vieillissant. À l’inverse, le fusil à pompe Warlord affiche un design brutaliste avec ses deux tubes en plastique translucide qui se vident et se remplissent sous les yeux du joueur.
Le système d’accessoires a été repensé pour offrir des choix plus significatifs. Fini les dizaines de canons ou de poignées aux effets quasi identiques : chaque catégorie propose désormais moins d’options, mais chacune est clairement la meilleure dans son domaine. Les accessoires « apex », hérités des récents Black Ops, transforment radicalement le comportement des armes. Le fusil d’assaut Han 86, par exemple, peut être équipé d’un canon à silencieux intégré qui le transforme en quasi-MP5. Le M4, lui, troque son chargeur traditionnel contre un modèle allongé au look de carte graphique. Ces ajouts donnent une vraie raison de progresser, bien plus motivante que les camouflages ou les cartes de joueur.
Malgré ces améliorations, le multijoueur de Modern Warfare 4 ne prend pas de risques majeurs. Les killstreaks restent des bonus déséquilibrés qui interrompent le rythme des parties, et les cartes conservent leur structure en trois couloirs sans grande verticalité. Le mode Frontline, en revanche, apporte une bouffée d’air frais : les équipes apparaissent de part et d’autre de la carte et les points de réapparition ne changent jamais. Cette simple modification transforme l’expérience, offrant des affrontements plus tactiques et prévisibles, loin du chaos habituel des réapparitions aléatoires.
DMZ : un mode extraction qui pourrait être un jeu à part entière
La grande surprise de Modern Warfare 4 est sans conteste le mode DMZ. Présenté comme un jeu d’extraction à part entière, il aurait pu être vendu séparément, à l’instar d’Escape from Tarkov ou de Marathon. Infinity Ward a conçu un système complet avec une carte vaste et dense, la ville de Hajin, et des mécaniques qui réduisent la frustration habituelle du genre.
L’argent gagné en mission est « banké », c’est-à-dire qu’il n’est pas perdu en cas de mort sans extraction. Le joueur peut également se relever une fois par partie au prix d’une réduction de sa santé maximale. Les opérateurs disposent de traits permanents qui améliorent leurs capacités, comme un auto-réanimateur gratuit à chaque partie. En cas de décès, l’opérateur passe en statut MIA, mais peut être récupéré en dépensant une somme d’argent. Cette approche plus indulgente rend le mode accessible tout en conservant des moments de tension, notamment lorsqu’on transporte un butin rare.
La carte de Hajin regorge de secrets et d’événements dynamiques. Les missions secondaires peuvent surgir d’une simple clé trouvée dans un casier, menant à des zones dangereuses comme le complexe technologique Netshin, gardé par des tourelles automatiques et des lieutenants coriaces. Ces rencontres offrent des récompenses uniques, comme des plans d’armes permanents, et donnent envie d’explorer chaque recoin.
Une campagne qui évite le réchauffé
Si le multijoueur et le mode DMZ occupent le devant de la scène, la campagne de Modern Warfare 4 n’est pas en reste. Elle parvient à éviter le simple « best-of » des moments cultes de la série, proposant une aventure qui, sans réinventer la formule, se montre suffisamment variée et rythmée pour retenir l’attention. Les détails sont soignés, et l’ensemble bénéficie de la même attention portée aux armes et aux sensations de tir que le multijoueur.
Un retour aux sources réussi
Call of Duty: Modern Warfare 4 démontre que la série peut encore surprendre lorsqu’elle s’en donne les moyens. Le temps de développement supplémentaire a permis à Infinity Ward de peaufiner chaque aspect du jeu, du gunplay au mode extraction, en passant par une campagne solide. Si le multijoueur traditionnel reste fidèle à une formule éprouvée, le mode Frontline et surtout DMZ apportent une fraîcheur bienvenue. Reste à savoir si Activision saura capitaliser sur ces innovations ou si elles seront, comme souvent, abandonnées au prochain épisode.








