IA dans le jeu vidéo : les développeurs européens redoutent surtout la pression accrue

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L’intelligence artificielle générative inquiète les professionnels du jeu vidéo en Europe, mais pas forcément de la manière que l’on pourrait croire. Selon une nouvelle enquête, la crainte principale n’est pas la disparition des postes, mais l’augmentation de la pression au travail.

Le rapport « Talent Signals Reshaping the Games Industry », dirigé par Tanja Loktionova et basé sur la dixième édition du Big Games Industry Employment Survey, apporte un éclairage nuancé. Il apparaît que 61 % des développeurs interrogés redoutent que l’IA générative les pousse à travailler plus vite et à produire davantage de contenu. En revanche, seuls 35 % estiment que leur rôle pourrait être réduit ou supprimé à cause de l’IA.

Un impact déjà tangible sur le travail quotidien

L’étude montre que l’IA a déjà modifié les méthodes de travail pour une large majorité des répondants. Ainsi, 78 % affirment que l’IA a changé leur façon de travailler : 33 % constatent un changement significatif et 45 % une transformation plus modérée. Seuls 22 % n’ont perçu aucun changement.

La qualité du travail est également une source d’inquiétude : plus de la moitié (51 %) craignent une dégradation de la qualité des résultats, et 46 % pensent que ces outils rendent plus difficile l’évaluation des compétences réelles des professionnels. Les préoccupations éthiques restent minoritaires (29 %), tandis que 12 % déclarent n’avoir aucune inquiétude liée à l’IA.

Des équipes plus petites et des embauches évitées

L’impact se fait aussi sentir sur les décisions d’embauche. Le rapport révèle que 35 % des fondateurs d’entreprises ont renoncé à recruter une personne parce qu’ils estimaient que le travail pouvait être effectué par des outils d’IA.

Dans un contexte économique difficile, 48 % des fondateurs indiquent que leur entreprise fonctionne actuellement à perte, et 60 % maintiennent volontairement des équipes réduites. Ces chiffres suggèrent que l’IA pourrait conduire à une transformation des postes et à une réduction des effectifs, plutôt qu’à un remplacement massif et immédiat des travailleurs.

Quelles conséquences pour l’emploi ?

Interrogés sur l’avenir, 36 % des développeurs pensent que l’IA modifiera les rôles sans forcément réduire la taille des équipes, 33 % anticipent une réduction des effectifs, 14 % voient une opportunité d’améliorer la productivité individuelle, et 17 % ne prévoient pas de suppressions d’emplois.

Ces résultats font écho à une autre enquête récente menée par Gamescom Dev, selon laquelle 83 % des personnes interrogées s’attendaient à ce que l’IA générative ait un impact sur la structure des équipes ou leur productivité.

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