Zavvi, l’ancien géant britannique de la vente de jeux vidéo et de produits culturels, a annoncé son placement sous administration judiciaire et la cessation immédiate de son activité commerciale. Cette décision, officialisée sur le site de l’entreprise, signifie que toutes les commandes en cours et les précommandes ne seront pas honorées, et qu’aucun retour de marchandise ne sera accepté. Une nouvelle qui risque de laisser de nombreux clients sur le carreau, notamment ceux qui avaient précommandé des jeux ou des éditions collector.
Une cessation d’activité brutale et sans préavis
Dans un message publié sur son site, Zavvi a indiqué que la société BDO LLP a été nommée pour gérer la procédure d’insolvabilité. Le texte, au ton administratif, précise que l’entreprise « n’est pas en mesure d’honorer les commandes ou précommandes en attente » et qu’elle « ne peut accepter aucun retour d’articles, quel qu’en soit le type ». Les clients ayant déjà payé des biens non reçus sont invités à contacter leur banque, leur émetteur de carte ou leur prestataire de paiement « pour déterminer s’ils peuvent prétendre à un remboursement ».
Une adresse e-mail dédiée aux demandes des clients a été mise en place, mais il est probable qu’elle ne génère que des réponses automatiques. Cette annonce fait suite à des informations datant d’un mois, selon lesquelles Zavvi avait l’intention de nommer des administrateurs dans le but de « protéger l’entreprise, ses parties prenantes et d’obtenir le meilleur résultat possible ». Reste à savoir si cette procédure vise réellement à sauver l’entreprise ou simplement à permettre aux investisseurs de récupérer une partie de leurs fonds avant une éventuelle fermeture définitive.
Un nom historique du jeu vidéo
Pour de nombreux joueurs, Zavvi évoque des souvenirs. L’enseigne est née en 2007 de la scission des magasins Virgin Megastores du groupe Virgin, devenant alors l’un des plus grands détaillants indépendants de produits de divertissement au Royaume-Uni. À l’époque, ses rayons regorgeaient de jeux vidéo, de DVD, de CD et de produits dérivés, et l’enseigne était une destination prisée des amateurs de culture pop.
Mais cette indépendance n’aura duré qu’un an. Dès 2008, Zavvi était placé sous administration judiciaire pour la première fois, victime de la concurrence en ligne et de la crise économique. En 2009, le groupe The Hut Group (aujourd’hui THG) rachetait la marque et la relançait en ligne, en se concentrant davantage sur la vente de produits dérivés, de vêtements et d’articles de collection, tout en conservant une offre de jeux vidéo et de high-tech.
Quelles conséquences pour les clients ?
La situation actuelle est particulièrement préoccupante pour les clients ayant passé des commandes récentes, notamment des précommandes de jeux très attendus ou d’éditions limitées. En effet, Zavvi était connu pour proposer des exclusivités, comme des steelbooks ou des éditions collector introuvables ailleurs. Les sommes engagées peuvent être importantes, et l’absence de remboursement automatique laisse planer l’incertitude.
Les clients sont donc invités à se tourner vers leur banque ou leur émetteur de carte bancaire pour tenter d’obtenir un remboursement via une procédure de chargeback (rétrofacturation). Cette démarche est possible lorsque le commerçant n’a pas livré la marchandise et se trouve dans l’incapacité de le faire. Il est conseillé d’agir rapidement, car les délais pour contester un paiement sont généralement limités (souvent 120 jours à compter du débit).
Un avenir incertain
Si la nomination d’administrateurs ne signifie pas automatiquement la fin de Zavvi, les signaux sont mauvais. La cessation immédiate de l’activité commerciale, l’impossibilité de traiter les retours et le message lapidaire adressé aux clients laissent penser que la marque pourrait disparaître définitivement. Pour l’instant, aucune information n’a été donnée sur un éventuel repreneur ou un plan de sauvetage.
Cette nouvelle illustre une fois de plus les difficultés du commerce de détail traditionnel face à la concurrence des plateformes en ligne et à l’évolution des habitudes de consommation. Zavvi, qui avait déjà frôlé la disparition en 2008, pourrait cette fois ne pas s’en remettre. Les joueurs et collectionneurs qui lui étaient fidèles devront se tourner vers d’autres enseignes pour leurs achats, en espérant que les procédures de remboursement aboutissent.
