Le Mexique entre dans la danse. Luis Donaldo Colosio Riojas, président de la Commission des droits numériques du Sénat mexicain, a dévoilé sur Instagram une initiative législative destinée à mieux encadrer la vente de jeux vidéo dématérialisés. Portée avec la députée fédérale Iraís Reyes, cette proposition vise à clarifier ce que les joueurs achètent réellement lorsqu’ils paient pour un titre numérique.
Concrètement, le texte obligerait les entreprises à indiquer explicitement si le consommateur acquiert un produit ou une simple licence d’utilisation. Une distinction cruciale à l’heure où les boutiques en ligne ferment et où des jeux disparaissent sans recours possible. Les deux élus veulent aussi garantir une forme de préservation des jeux après l’arrêt des serveurs officiels, afin que les acheteurs puissent continuer à y jouer sous une forme ou une autre.
Un écho aux combats menés en Californie et en Europe
Cette initiative mexicaine fait écho aux revendications portées plus au nord. En Californie, des associations de consommateurs ont récemment obtenu des avancées sur la transparence des licences numériques. En Europe, le collectif Stop Killing Games milite activement pour que les éditeurs maintiennent leurs jeux jouables après la fin du support officiel. Le Mexique rejoint donc un front commun qui prend de l’ampleur.
Mais la proposition de Colosio et Reyes va plus loin. Elle exige que les entreprises vendant des biens numériques au Mexique disposent d’une adresse commerciale dans le pays. Actuellement, beaucoup d’éditeurs n’ont aucune présence locale, ce qui complique toute action en justice pour les consommateurs. Avec cette mesure, les autorités mexicaines pourraient intervenir plus facilement en cas de litige.
Un contexte de bascule vers le tout-numérique
Cette offensive législative intervient alors que Sony a annoncé la fin de la production de jeux physiques pour 2028. Une décision qui a provoqué une levée de boucliers chez de nombreux joueurs, attachés à la possession matérielle de leurs titres. Colosio et Reyes avaient d’ailleurs déposé une plainte antitrust contre Sony plus tôt cette année, dénonçant cette stratégie.
La semaine dernière, Sony a sondé des développeurs sur leur perception du passage au numérique. Un signe que le géant japonais pourrait revoir sa copie face à la contestation. Reste à savoir si l’initiative mexicaine aboutira et si elle inspirera d’autres pays. Une chose est sûre : la question de la propriété des jeux vidéo à l’ère du tout-dématérialisé n’a pas fini de faire parler.
