AccueilActualitésL'ESA veut faire classer les consoles rétro avec jeux piratés comme marchés...

L’ESA veut faire classer les consoles rétro avec jeux piratés comme marchés de contrefaçon

L’Entertainment Software Association (ESA) a officiellement demandé au gouvernement américain d’inscrire les consoles portables rétro vendues avec des jeux piratés préinstallés sur la liste des « marchés notoires de contrefaçon ». Une requête déposée auprès de l’USTR, le bureau du représentant au commerce des États-Unis, qui publie chaque année la Notorious Markets List.

Cette liste recense les plateformes physiques et en ligne accusées de favoriser la piraterie et la contrefaçon. L’ESA, qui représente les grands éditeurs de jeux vidéo américains, a soumis sa contribution dans le cadre de l’appel à commentaires annuel. L’association y cible en priorité les dispositifs « plug and play » d’émulation, souvent vendus avec des milliers de titres rétro sans licence.

Des « superfakes » du jeu vidéo

Dans son document, l’ESA compare ces machines à des « superfakes », ces contrefaçons de luxe quasi parfaites qui imitent sacs, montres et vêtements haut de gamme. Le raisonnement est simple : ces consoles ont l’apparence de produits légitimes. Boîtiers moulés, écrans couleur, interfaces soignées, emballages de type commerce, avis clients, voire mentions de garantie. Elles sont vendues sur des plateformes d’e-commerce réputées, y compris Amazon.

Mais leur attrait commercial repose exclusivement sur une carte mémoire ou un stockage interne contenant des centaines, des milliers, parfois des dizaines de milliers de copies non autorisées de jeux protégés par le droit d’auteur. L’ESA souligne que des titres, captures d’écran, personnages et logos sont utilisés sans permission dans les publicités, les emballages ou les interfaces. Résultat : un produit « clé en main » rempli de matériel piraté, présenté comme un appareil légal.

Cette apparente légitimité amplifie le préjudice économique. Un seul appareil peut remplacer des achats légitimes auprès de plusieurs éditeurs et sur plusieurs générations de consoles. Il prive de revenus les jeux, les compilations, les abonnements, les remasters et le matériel rétro sous licence. La barrière technique qui séparait autrefois le grand public de la piraterie disparaît : la bibliothèque est déjà prête à l’emploi.

Anbernic dans le viseur

L’ESA cite nommément Anbernic, fabricant bien connu de consoles portables d’émulation. Selon l’association, ses appareils sont « régulièrement offerts ou expédiés » avec des cartes mémoire amovibles préchargées de centaines ou de milliers de copies non autorisées de jeux publiés par ses membres. Le préjudice ne se limite pas aux ventes perdues : Anbernic « normalise la piraterie basée sur le matériel » en proposant des catalogues illicites dans un produit de consommation soigné, commercialisé via les canaux de vente habituels.

Cette stratégie reporterait sur les éditeurs et les places de marché les coûts de surveillance, d’enquête, de signalement et de remédiation. L’ESA demande à l’USTR d’inciter les gouvernements et les opérateurs de plateformes à adopter sept mesures concrètes : considérer les bibliothèques de jeux non autorisées préinstallées comme preuve centrale de piraterie à échelle commerciale, inspecter les supports de mémoire vendus avec ou séparément, exiger des vendeurs qu’ils prouvent détenir les droits sur les jeux et les marques utilisés.

L’association veut aussi la suspension des vendeurs récidivistes et des boutiques liées, pas seulement des annonces individuelles. Elle réclame la conservation des données sur les vendeurs, les paiements, les expéditions et la publicité, un renforcement des contrôles douaniers et une coordination des actions contre les producteurs, exportateurs, importateurs, prestataires logistiques et plateformes qui favorisent sciemment ces produits.

Au-delà des consoles portables, l’ESA propose d’inclure dans la liste 2026 d’autres catégories : sources de jeux crackés, repackers et sites de liens, marchés de coordination pour torrents et piraterie, marchés non autorisés de biens numériques et marchés commerciaux de cheats. La demande finale est que l’USTR invite tous les intermédiaires – hébergeurs, registraires, services de paiement, régies publicitaires, plateformes d’e-commerce – à agir de manière « soutenue et efficace », y compris par des enquêtes et des poursuites pénales contre les opérateurs à échelle commerciale et la suspension des services qui génèrent leurs revenus.

Reste à savoir si l’USTR suivra ces recommandations. La liste 2026 sera publiée dans plusieurs mois. D’ici là, les ventes de consoles comme celles d’Anbernic continuent de prospérer, portées par un marché du rétrogaming en pleine expansion et par des prix défiant toute concurrence.

Mario
Mario
Rédacteur pour nintendo-world. Passionné de jeux vidéos et de Nintendo en particulier.
PUBLICITÉ
12FansJ'aime
23SuiveursSuivre
0AbonnésS'abonner

Les + LUS