Welcome to Elderfield est un jeu de simulation agricole pas comme les autres. Développé avec RPG Maker MZ, il injecte une bonne dose d’horreur lovecraftienne dans un genre habituellement paisible. Disponible sur Steam, ce titre indépendant créé par Chris Cote propose une expérience sombre et exigeante, où la survie prime sur la simple gestion de ferme.
Un farming sim sous tension permanente
Le jeu débute dans la ville éponyme d’Elderfield, un lieu où les anciens dieux interfèrent avec la vie des habitants. Le protagoniste, qui y a grandi, se réveille dans les Old Woods et tombe sur un rituel de cultistes Xxarteck impliquant une masse de tentacules. Attaqué par leur « Imperfect Creation », il est initié au système de combat au tour par tour. De retour chez lui, il comprend que les cultistes l’ont repéré et qu’il devra désormais mener une vie rythmée par l’agriculture, les interactions sociales et les enquêtes sur des phénomènes étranges.
Contrairement à des jeux comme Stardew Valley ou Story of Seasons, Welcome to Elderfield ne cherche pas à offrir une expérience confortable. Ici, chaque action peut attirer l’attention d’entités hostiles. Couper du bois, miner ou explorer la forêt comporte un risque d’embuscade. Les combats sont brutaux, et la mort est fréquente. Heureusement, le protagoniste se réveille le lendemain matin, mais la tension reste omniprésente.
Une mécanique de jeu volontairement punitive
Le jeu multiplie les éléments aléatoires pour renforcer l’oppression. Le simple fait de dormir peut déclencher une « Bad Night » si le jet de dé tombe entre 1 et 3. Le « Strange Moon » peut apporter des bénédictions ou des malédictions, faire réapparaître des monstres ou restaurer toutes les ressources. Le « Tax Man » exige des livraisons régulières sous peine de débuffs temporaires. Ces mécaniques, bien que frustrantes, servent l’ambiance : Elderfield est un endroit dangereux et imprévisible.
La progression repose sur un grind important. Les ressources nécessaires à l’artisanat sont longues à rassembler, et la difficulté grimpe en flèche dans certaines zones comme le Deep Mall. L’auteur du test original avoue avoir eu beaucoup de mal à cet endroit, malgré une préparation minutieuse : force physique élevée, adoration du dieu Kaal pour les bonus de défense, et un bouclier en os forgé. Pourtant, l’équipement trouvé dans les donjons s’avère souvent supérieur à celui que l’on peut fabriquer, ce qui rend l’artisanat moins gratifiant.
Une ambiance lovecraftienne réussie
L’univers de Welcome to Elderfield évoque fortement l’œuvre de H.P. Lovecraft et le podcast Welcome to Night Vale. Les cultistes, les créatures tentaculaires et les anciens dieux créent une atmosphère inquiétante. Certains PNJ sont amicaux, comme Alice, mais d’autres sont résolument hostiles. Les « News Events » sont des légendes urbaines qui prennent vie et peuvent blesser ou tuer le joueur s’il fait les mauvais choix.
Les quêtes liées aux Catacombes et aux Deep Woods montrent comment les forces surnaturelles affectent les habitants. Le jeu parvient à rendre tangible la détresse d’une communauté isolée et menacée. Cet engagement narratif est l’un des points forts du titre, même si les relations avec les personnages manquent de profondeur par rapport à des jeux comme Fields of Mistria ou Stardew Valley.
Un RPG Maker qui assume ses limites
Techniquement, Welcome to Elderfield est un jeu RPG Maker MZ, et cela se ressent. L’interface est moins fluide que celle des farming sims dédiés, sans réponses contextuelles ni profondeur de culture. Les mécaniques agricoles sont simplifiées : pas de gestion complexe des cultures, pas d’élevage élaboré. Mais ces limitations sont compensées par l’originalité du concept et l’atmosphère unique.
Le jeu s’adresse avant tout aux amateurs d’horreur et aux curieux des expérimentations RPG Maker. Ceux qui cherchent un farming sim relaxant passeront leur chemin. En revanche, les joueurs qui apprécient les défis punitifs et les ambiances oppressantes trouveront ici une expérience mémorable.
Notre avis sur Welcome to Elderfield
Welcome to Elderfield est une réussite dans son genre hybride. Chris Cote a pleinement embrassé le côté horrifique du farming sim, créant un jeu qui assume la monotonie et la terreur. La boucle de gameplay est simple mais efficace : travailler à la ferme, s’occuper des animaux, récolter des matériaux, socialiser, purifier et fabriquer. Le tout sous la menace constante d’attaques surnaturelles.
Le jeu n’est pas parfait : les relations sociales sont peu développées, l’artisanat est parfois frustrant, et la difficulté peut rebuter. Mais ces défauts sont cohérents avec la vision artistique. Elderfield est un endroit où la survie est un combat quotidien, et le gameplay reflète cette réalité. Les morts fréquentes, les jets de dés hasardeux et les événements imprévisibles renforcent l’immersion.
En conclusion, Welcome to Elderfield est un titre à découvrir pour les amateurs d’horreur et de jeux indépendants audacieux. Il ne plaira pas à tout le monde, mais ceux qui adhèrent à son concept y trouveront une expérience unique. Disponible sur Steam, il mérite une place dans la liste de souhaits des joueurs en quête de sensations fortes.




