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EA : après 400 licenciements et la fermeture de BioWare, des employés décrivent un climat délétère

La semaine dernière, Electronic Arts a procédé à une nouvelle vague de licenciements touchant 400 personnes, tout en annonçant la fermeture du studio BioWare. Une décision qui s’inscrit dans une série de restructurations pour l’éditeur, mais qui laisse des traces profondes chez les employés restants. Selon des témoignages recueillis par le média Vertical Slice auprès de salariés actuels et d’anciens employés, le climat interne est particulièrement morose, entre processus de départ déshumanisé et incertitude généralisée.

Un processus de licenciement vécu comme impersonnel

Les récits des personnes concernées décrivent une méthode de licenciement qui isole les individus. Plutôt que d’annoncer collectivement les départs, EA procéderait de manière individuelle, souvent lors de réunions en visioconférence où les employés ne peuvent ni s’exprimer ni poser de questions. « C’est très impersonnel. On vous licencie parce que vous n’êtes que des chiffres sur une liste », confie un témoin. Cette approche, officiellement justifiée par le respect de la confidentialité, est perçue en interne comme un moyen d’éviter toute contestation collective et de minimiser l’impact sur les équipes.

Cette opacité a des conséquences concrètes sur le fonctionnement des studios. Les équipes mettent parfois plusieurs jours, voire plusieurs semaines, à réaliser qui a été remercié et à se réorganiser. « Selon l’ampleur des licenciements, il peut nous falloir une semaine ou deux, voire plus, pour reprendre nos marques et savoir ce que nous faisons », explique un employé. Un flottement qui pèse sur la productivité et le moral, alors même que l’entreprise demande des efforts accrus.

Un moral en berne et une défiance envers la direction

Les témoignages dressent le portrait d’une entreprise où la confiance est rompue entre les équipes de développement et les dirigeants. Un salarié qualifie l’atmosphère de « lieu froid et mort, qui se décompense lentement où les dirigeants grapillent le moindre centime, laissant le reste d’entre nous se demander comment nourrir notre famille ». Une formule qui illustre le sentiment d’abandon ressenti par une partie du personnel, alors que les décisions stratégiques semblent déconnectées des réalités du terrain.

La fermeture de BioWare, bien que brutale, n’a pas été une surprise en interne. Le studio avait été fragilisé par des années de management chaotique, notamment sur le développement de Dragon Age, plusieurs fois réorienté vers un modèle de jeu-service avant que cette piste ne soit abandonnée. Pour beaucoup, cet échec est le symptôme d’une direction qui refuse de prendre des risques et qui externalise la responsabilité des échecs sur les équipes.

L’IA et les décisions contestées accentuent le malaise

L’adoption croissante de l’intelligence artificielle dans les processus de production est un autre sujet de tension. Si son utilisation n’est pas officiellement obligatoire, les employés rapportent qu’il devient « impossible, ou très difficile, d’accomplir votre travail sans eux ». Une pression implicite qui s’ajoute à la réduction des effectifs et à l’objectif affiché de « faire moins, mais mieux », perçu comme une injonction à produire autant avec moins de ressources.

Certaines décisions récentes interrogent également. L’ouverture d’une antenne à Seattle, censée soutenir les studios Ridgleine Games et Cliffhanger Games, a été suivie de la fermeture de ces deux entités quelques semaines plus tard. Un investissement devenu inutile, qui illustre selon un employé une contradiction : « Ils nous disent que produire des jeux coûte cher, tout en prenant des décisions qui rendent la chose encore plus coûteuse. »

Un avenir incertain pour les équipes d’EA

Ces témoignages, bien que partiels, révèlent une fracture profonde entre la direction d’Electronic Arts et ses employés. Alors que l’éditeur traverse une période de transition après son rachat, la priorité donnée aux économies à court terme semble se faire au détriment du bien-être des équipes et de la créativité. Reste à savoir si ces tensions auront un impact sur la qualité des prochains jeux de l’éditeur, et si la direction saura regagner la confiance de ses troupes.

Juliette
Juliette
Juliette explore les nouveautés comme les pépites à redécouvrir, avec un regard curieux sur l’univers Nintendo et le jeu vidéo en général.
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