Sept ans après Sekiro: Shadows Die Twice, il était difficile d’imaginer qu’un autre jeu puisse s’approcher de l’excellence de ses combats. Capcom relève pourtant le défi avec Onimusha: Way of the Sword, un titre qui marie avec brio la profondeur tactique des Souls et la frénésie d’un hack’n slash. Mais cette réussite n’est pas sans zones d’ombre, notamment une structure en monde semi-ouvert qui divise.
Un système de combat d’une richesse inouïe
Dès les premières heures, Onimusha: Way of the Sword impressionne par la variété de ses options défensives. Le joueur dispose d’un contregolpe destructeur, risqué mais dévastateur, d’un parry classique permettant de dévier l’épée adverse pour exposer une faiblesse, et d’une esquive plus conventionnelle. Chaque action a ses avantages : remplir la jauge d’ardeur pour augmenter les dégâts, épuiser rapidement la posture ennemie, ou simplement éviter un coup incertain.
Cette richesse mécanique transforme chaque affrontement en un véritable jeu d’échecs. Une fois la posture adverse brisée, il faut choisir avec soin la partie du corps à attaquer : briser une armure, sectionner un membre ou faire vomir des âmes à l’ennemi. La caméra, toujours au plus près de l’action, sublime des duels d’une violence chorégraphiée.
Des boss mémorables, mais une répétition agaçante
Les combats de boss constituent le cœur du jeu, et ils sont tout simplement excellents. Chaque ennemi majeur possède des patterns d’attaque variés et un design soigné. Pour aider les joueurs, Capcom a même intégré un mode facile avec une assistance au timing des parades, une idée ingénieuse pour apprendre les patterns sans frustration.
Malheureusement, le titre abuse de la répétition. Vers la fin de l’aventure, il n’est pas rare d’affronter cinq fois de suite un même boss secondaire, ce qui finit par lasser et donner une impression de remplissage. De plus, l’IA des ennemis de base laisse à désirer, ces derniers attendant souvent leur tour pour attaquer.
Un monde semi-ouvert qui manque de saveur
Là où le bât blesse, c’est dans la structure. Onimusha: Way of the Sword abandonne la linéarité au profit d’un petit monde ouvert centré sur Kyoto. Entre deux combats d’anthologie, le joueur doit accomplir des quêtes secondaires sans grand intérêt : retrouver des chats, récolter des matériaux pour améliorer son équipement, fermer des failles démoniaques… Autant de tâches qui diluent le rythme et nuisent à la narration, pourtant portée par des personnages attachants rappelant l’univers de Naruto ou Demon Slayer.
Le jeu propose bien un mode facile permettant d’ignorer une partie de ces activités, mais cela ne masque pas totalement le contraste entre un système de combat brillant et un level design conventionnel. Reste que techniquement, le titre est une claque, avec des expressions faciales saisissantes et une direction artistique de toute beauté, y compris sur Nintendo Switch 2.
Verdict : un grand jeu, malgré tout
Onimusha: Way of the Sword est un titre qui marquera les esprits pour ses combats exceptionnels, dignes héritiers de Sekiro. Si vous êtes prêt à accepter ses passages à vide et sa répétitivité, vous vivrez des heures de jeu intenses et mémorables. Un jeu imparfait, mais dont les sommets tutoient les plus grands.

