Le 26 septembre 1986, Konami publiait sur Famicom Disk System un jeu qui allait marquer à jamais l’histoire du jeu vidéo : Akumajō Dracula, connu en Occident sous le nom de Castlevania. Quarante ans plus tard, la saga du fouet et des vampires reste une référence incontournable, et son héritage continue de hanter les joueurs. Retour sur quatre décennies de chasse aux créatures de la nuit.
La naissance d’un mythe
En 1986, le succès de Super Mario Bros. incitait les développeurs à miser sur des univers colorés et joyeux. Mais chez Konami, une équipe passionnée de cinéma d’horreur classique décida de prendre le contre-pied. Inspirés par les films de monstres Universal des années 1930 et 1940, ils créèrent un jeu sombre et gothique, où le joueur incarne un chasseur de vampires dans un château oppressant. Le résultat fut une œuvre pionnière, à l’atmosphère unique, portée par une bande-son mémorable composée par Kinuyo Yamashita et Satoe Terashima. Des morceaux comme Vampire Killer ou Wicked Child sont devenus des classiques instantanés.
Le gameplay exigeant, avec sa mécanique de recul lors des dégâts et ses sauts millimétrés, a forgé la réputation de la série. Le joueur devait maîtriser la Vampire Killer, une fruste sacrée transmise de génération en génération, et utiliser des armes secondaires comme les poignards ou l’eau bénite pour vaincre Dracula et ses sbires. Le château lui-même, avec ses pièges et ses ennemis variés, devenait un personnage à part entière.
L’évolution de la série
Après le succès du premier épisode, Konami a exploré différentes directions. Castlevania II: Simon’s Quest (1987) a introduit des éléments de RPG et un cycle jour/nuit, tandis que Castlevania III: Dracula’s Curse (1989) a permis de recruter des compagnons comme Sypha Belnades ou Alucard. L’arrivée de la Super Nintendo a donné naissance à Super Castlevania IV (1991), un remake du premier jeu avec une jouabilité améliorée, notamment la possibilité de fouetter dans huit directions.
Mais c’est en 1997 que la série a connu sa révolution avec Castlevania: Symphony of the Night sur PlayStation. Réalisé par Toru Hagihara et Koji Igarashi, ce titre a fusionné exploration non linéaire et mécaniques de RPG, créant un sous-genre à part entière : le « Metroidvania ». Considéré par beaucoup comme le sommet de la saga, il a influencé d’innombrables jeux par la suite.
Dans les années 2000, la série a prospéré sur les consoles portables de Nintendo, avec des épisodes comme Aria of Sorrow (2003) et Dawn of Sorrow (2005) sur Game Boy Advance et DS. Puis, en 2010, Konami a tenté un reboot en 3D avec Castlevania: Lords of Shadow, développé par MercurySteam et supervisé par Kojima Productions. Si le premier volet fut bien accueilli, sa suite en 2014 a déçu, et la série est depuis restée en sommeil.
Castlevania aujourd’hui et demain
Quarante ans après ses débuts, la franchise s’apprête à renaître avec Castlevania: Belmont’s Curse, prévu le 15 octobre sur PC, PS5, Xbox Series X/S et Nintendo Switch. Développé par Evil Empire en collaboration avec Motion Twin, ce nouvel épisode en 2D reprendra l’histoire de Castlevania III: Dracula’s Curse, 37 ans après sa sortie. Le joueur y incarnera Rose Belmont, fille de Trevor, dans un Paris de 1499 envahi par les forces du mal. Un retour aux sources qui promet de ravir les fans de la première heure.
Reste à voir si ce nouveau chapitre saura honorer l’héritage d’une saga qui, malgré des hauts et des bas, n’a jamais perdu son charme ténébreux. Les vampires n’ont qu’à bien se tenir.








