L’appel au boycott de PlayStation lancé fin juillet sur les réseaux sociaux n’a entraîné aucune véritable répercussion sur l’activité du public. C’est ce que révèlent les données de suivi de l’institut Circana, partagées par l’analyste Mat Piscatella. Malgré une large diffusion de l’initiative, le nombre de joueurs et l’engagement sont restés stables pendant la période visée.
Un boycott né de la colère contre l’arrêt du physique
Fin juillet, le compte DoesItPlay, connu pour tester la jouabilité des jeux hors ligne, avait appelé à un boycott de PlayStation. Le motif principal : la décision de Sony d’arrêter la production de jeux physiques d’ici moins de deux ans. D’autres griefs étaient également évoqués, comme la fermeture de studios tels que Bluepoint Games ou Japan Studio, ainsi que l’abandon de certaines licences historiques et d’une vision créative jugée moins audacieuse.
L’action proposée, baptisée « PSBlackout », invitait les joueurs à laisser leur console éteinte ou au moins hors ligne du 23 au 30 août. Le post a connu un écho considérable, avec plus de 2,2 millions de vues sur les réseaux sociaux, un chiffre remarquable pour une page comptant environ 51 000 abonnés.
Des chiffres qui ne montrent aucun impact
Deux semaines après la fin de la période de boycott, Mat Piscatella, analyste chez Circana, a été interrogé sur les conséquences éventuelles de cette mobilisation. Sa réponse est sans ambiguïté : « Non. Nous n’avons relevé aucun changement significatif concernant le nombre de joueurs ou l’engagement dans nos données de suivi. »
Cette absence d’effet mesurable n’est guère surprenante. Le grand public reste encore largement éloigné de ces considérations, et l’arrêt du physique, prévu dans un an et demi, demeure abstrait pour beaucoup. De plus, une grande partie des joueurs s’accommodera probablement de cette transition vers le tout numérique, malgré les inquiétudes légitimes sur la préservation des jeux et la propriété.
Une colère qui ne se traduit pas en actions
Si la grogne contre les décisions de PlayStation est réelle et visible sur les réseaux sociaux, elle peine à se transformer en mouvement de contestation efficace. Les appels au boycott, aussi relayés soient-ils, se heurtent à la réalité des habitudes de consommation et à la difficulté de mobiliser durablement une communauté hétérogène.
PlayStation continue d’ailleurs d’afficher une image peu reluisante auprès d’une partie de sa base de joueurs, mais cela ne semble pas perturber ses plans stratégiques. L’entreprise poursuit sa route, quitte à froisser les défenseurs du jeu physique et de la préservation vidéoludique.
Reste à savoir si cette indifférence des chiffres découragera les futures initiatives ou si, au contraire, elle poussera les contestataires à chercher d’autres moyens de se faire entendre. Pour l’instant, le statu quo prévaut.
