State of Play : un format critiqué, entre déception et besoin de renouveau

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Les derniers événements State of Play organisés par Sony laissent un sentiment mitigé auprès des joueurs et des observateurs. Ce qui était autrefois un rendez-vous attendu pour ses annonces devient progressivement une source de frustration, tant le format semble avoir perdu de sa superbe. Entre redondance des contenus, sélection opaque des jeux et absence de véritables surprises, la stratégie de communication de PlayStation interroge.

Un format devenu répétitif et décousu

Lors du dernier State of Play, la structure même de l’événement a dérouté. Annoncé comme une double présentation – l’une généraliste, l’autre dédiée aux jeux asiatiques – le découpage s’est révélé artificiel. Plusieurs titres japonais ou chinois sont apparus dans les deux segments, certaines bandes-annonces étant rediffusées jusqu’à trois fois dans la même journée si l’on compte l’événement Konami organisé en parallèle. Cette redondance donne l’impression d’un catalogue publicitaire plutôt que d’une vitrine éditoriale pensée pour le public.

La sélection des jeux semble désormais dictée par des accords commerciaux plus que par une logique de contenu. Les spectateurs assistent à un enchaînement de bandes-annonces sans cohérence, où les titres se succèdent sans hiérarchie ni mise en valeur. Cette approche nuit même aux jeux de niche, qui auraient pu bénéficier d’une présentation plus soignée dans un contexte adapté. Le parallèle avec les événements PC est frappant : après des dizaines de jeux montrés en rafale, il devient difficile de distinguer un titre d’un autre.

Le poids du secret et l’absence de grandes annonces

Le silence radio autour des projets majeurs de PlayStation renforce ce sentiment de vide. Si l’on peut comprendre que Intergalactic soit gardé sous cloche en raison de la concurrence avec GTA VI, l’absence totale de nouvelles sur God of War (nom de code Laufey) interroge. Un simple message des développeurs, la présentation d’une mécanique de gameplay ou d’un personnage aurait suffi à maintenir l’intérêt. À l’exception de Kazunori Yamauchi de Polyphony Digital, qui continue de s’exprimer régulièrement, les studios semblent cloîtrés dans un mutisme absolu, ne laissant filtrer aucune information en dehors du PlayStation Blog.

Ce secret excessif transforme les jeux en « armes atomiques » dont on ne parle qu’à dose homéopathique. Le résultat est que l’événement manque cruellement d’un moment fort capable de galvaniser le public. Même la reproduction en Lego de la première PlayStation, pourtant charmante, en dit long : un accessoire dérivé a volé la vedette aux jeux eux-mêmes.

Une vitrine pensée pour l’entreprise, pas pour les joueurs

Le problème de fond semble être que ces State of Play sont désormais conçus pour répondre à des besoins internes de Sony – honorer des partenariats, caler le calendrier marketing – plutôt que pour créer un véritable moment de communion avec la communauté. Le public le ressent et la valeur perçue de ces événements s’érode. Même lorsqu’un titre inattendu est dévoilé, la sensation dominante reste celle d’un rendez-vous qui ne tient pas toutes ses promesses.

Quant à l’absence de Sony à la Gamescom, elle soulève des questions. Pourquoi renoncer à un carrefour physique où l’industrie, la presse et les joueurs se rencontrent, pour privilégier un show enregistré diffusé en ligne ? Square Enix, par exemple, a su tirer parti du salon de Cologne pour présenter la démo de Final Fantasy Resonance. Une présence physique permettrait de recréer un lien direct et de redonner de la crédibilité à la marque.

Faut-il réinventer le State of Play ?

Le format actuel ne peut plus perdurer sans une remise en question profonde. Soit Sony assume pleinement cette logique de supermarché du jeu vidéo, en assumant son rôle de simple vitrine promotionnelle, soit il repense l’événement pour en refaire un moment éditorial fort. Les longues nuits blanches passées devant des diffusions interminables, dans l’attente d’une annonce qui ne vient jamais, laissent un goût amer. Le leader du secteur se doit d’offrir mieux à sa communauté.

Malgré ces critiques, chaque State of Play conserve un mérite : il fédère les joueurs autour d’une passion commune, offrant un prétexte pour se retrouver, spéculer et partager. Mais cela suffira-t-il à maintenir l’intérêt sur le long terme ? La balle est dans le camp de Sony.

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