Sorti initialement en 2011 sur PlayStation 3 et Xbox 360, L.A. Noire a marqué son époque par sa technologie de capture faciale révolutionnaire et son ambiance de film noir d’un réalisme saisissant. Sept ans plus tard, le titre de Team Bondi revient sur Nintendo Switch dans une version complète, enrichie de tous ses contenus additionnels et adaptée aux spécificités de la console hybride. Nous avons réincarné Cole Phelps, inspecteur du LAPD, pour déterminer si cette enquête vaut toujours le détour en 2026.
Un voyage authentique dans le Los Angeles des années 40
Développé par le studio australien Team Bondi sous la direction de Brendan McNamara, L.A. Noire est une œuvre singulière qui mêle habilement film noir, jeu d’aventure et monde ouvert. Le joueur incarne Cole Phelps, ancien marine décoré de la Seconde Guerre mondiale, qui gravit les échelons du LAPD à partir de 1947. De la circulation aux homicides, des mœurs aux crimes d’incendie criminel, chaque affectation correspond à un chapitre du récit et apporte son lot d’affaires sordides inspirées de faits réels.
Au fil des enquêtes, le scénario dépeint un Los Angeles gangrené par la corruption, le trafic de morphine et les secrets de famille. Le personnage de Phelps, d’abord perçu comme un héros intègre, révèle peu à peu ses zones d’ombre liées à son passé militaire. Les dialogues soignés et les thèmes adultes (racisme, sexisme, traumatismes de guerre, adultère) confèrent au jeu une profondeur rarement atteinte.
Le gameplay : entre investigation, interrogatoires et action
Le cœur de L.A. Noire repose sur trois piliers : l’investigation, l’interrogatoire et l’action. La recherche d’indices s’effectue sur des scènes de crime délimitées, où la vibration de la manette et une mélodie discrète signalent les éléments pertinents. Le carnet de notes se remplit automatiquement et devient un outil indispensable pour suivre les pistes.
Les interrogatoires constituent le point fort du jeu grâce à la technologie MotionScan, qui anime les visages de manière extrêmement réaliste. Il faut analyser les micro-expressions pour déterminer si un témoin dit la vérité, doute ou ment. La version Switch renomme les options en « Bon flic », « Mauvais flic » et « Accuser », ce qui clarifie un peu les choix. Les phases d’action, plus anecdotiques, se résument à des courses-poursuites et des fusillades assistées, avec une intelligence artificielle passive.
Une adaptation Switch plutôt convaincante
Le portage tire parti des Joy-Con : l’écran tactile permet de naviguer dans le carnet et de zoomer sur les scènes de crime, tandis que le gyroscope peut orienter la caméra comme dans Splatoon. Les vibrations HD signalent discrètement la présence d’indices. La conduite des véhicules reste délicate, héritage du jeu original, mais l’expérience en mode portable est un réel atout. Mener une enquête dans les transports, casque audio vissé sur les oreilles, offre une immersion nouvelle.
La bande-son d’Andrew Hale et Simon Hale s’inspire directement des partitions des films noirs des années 40 et 50. Les doublages anglais d’excellente qualité (avec Aaron Staton dans le rôle de Cole Phelps) ne sont accompagnés que de sous-titres français, ce qui peut gêner les non-anglophones.
Un portage honnête malgré une technique vieillissante
L.A. Noire accuse son âge : textures grossières, aliasing visible et modèles de personnages raides en dehors des visages. En mode docké (1080p), ces défauts ressortent davantage, mais le mode portable (720p) offre un rendu plus flatteur. Quelques chutes de framerate occasionnelles ne gâchent pas le plaisir. L’animation faciale MotionScan impressionne toujours, créant un contraste fascinant avec le reste du corps.
Comptez une vingtaine d’heures pour l’histoire principale et jusqu’à 30 heures pour tout explorer. Le jeu inclut tous les DLC (quatre affaires supplémentaires, tenues, armes) ainsi que des objets à collectionner inédits, augmentant la rejouabilité.
Conclusion
L.A. Noire sur Switch n’est pas un remaster spectaculaire mais un portage intelligent qui préserve toutes les qualités de l’original : ambiance de film noir authentique, histoire adulte et prenante, personnages magnifiquement interprétés et système d’interrogatoire inégalé. Le mode portable et l’écran tactile sont de vrais plus. Si vous n’avez jamais joué à ce classique, cette version est une excellente porte d’entrée. Les habitués y trouveront moins d’intérêt, sauf pour la mobilité. Une œuvre imparfaite mais profondément marquante, qui continue de fasciner.
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