Macronix, le principal fabricant de cartouches pour Nintendo Switch et Switch 2, a annoncé ce jour qu’il mettait fin à son activité dans les mémoires ROM. Cette décision, révélée dans son dernier rapport financier, marque un tournant pour l’industrie du jeu vidéo physique, mais elle ne signifie pas pour autant la disparition immédiate des jeux en boîte.
Une décision stratégique de Macronix
Macronix fournit depuis des années les puces ROM utilisées dans les cartouches de la Switch originale, et cette collaboration s’était poursuivie avec la Switch 2. Cependant, l’entreprise taïwanaise a confirmé qu’aucun nouveau produit ROM ne serait développé. Le troisième trimestre de l’année en cours sera le dernier où les ventes de ROM seront rapportées séparément dans ses résultats financiers.
Dans son rapport, Macronix indique que les mémoires ROM ne représentent plus que 5 % de son chiffre d’affaires, contre 26 % un an plus tôt. Cette chute spectaculaire s’explique par la transition progressive du marché vers le dématérialisé, mais aussi par des contraintes de capacité de production. Le président de Macronix a précisé que l’entreprise allait réorienter ses capacités vers les mémoires NOR et eMMC, plus demandées dans d’autres secteurs.
Quelles conséquences pour les joueurs ?
L’annonce de Macronix pourrait inquiéter les collectionneurs et les amateurs de jeux physiques. Toutefois, l’analyste David Gibson, qui a relayé l’information, a tenu à rassurer : Macronix n’est pas le seul fabricant de cartouches pour Nintendo. D’autres fournisseurs de mémoires game card existent et pourront prendre le relais. Ainsi, la production de jeux physiques pour Switch et Switch 2 ne devrait pas s’arrêter brutalement.
Il est important de noter que la part du numérique dans les ventes de logiciels Nintendo est en hausse constante. Entre avril et juin, le numérique a représenté 61,5 % des ventes de jeux, contre 59,3 % l’année précédente. Gibson souligne que ce pourcentage fluctue entre 46,1 % et 67,2 % sur les douze derniers mois, en fonction des sorties physiques majeures. Cette tendance pourrait s’accentuer, mais elle ne condamne pas le format cartouche à court terme.
Un marché en mutation
La décision de Macronix reflète une évolution plus large de l’industrie du jeu vidéo. De nombreux éditeurs privilégient désormais le dématérialisé, qui offre des marges plus importantes et simplifie la distribution. Cependant, Nintendo a toujours maintenu un fort attachement au format physique, et la Switch 2 continue de proposer des cartouches. Les joueurs qui préfèrent posséder leurs jeux en boîte peuvent donc être relativement sereins, du moins pour le moment.
Il reste à voir comment Nintendo gérera cette transition. Si d’autres fabricants peuvent compenser le départ de Macronix, la question de la pérennité du support physique se posera inévitablement à long terme. Pour l’instant, aucune annonce officielle de Nintendo n’a été faite concernant un éventuel abandon des cartouches.
En attendant, les joueurs peuvent continuer à acheter leurs jeux Switch et Switch 2 en version physique sans crainte de pénurie immédiate. L’avenir du format dépendra de l’évolution des habitudes de consommation et des décisions stratégiques des constructeurs.
