AccueilActualitésDon't Nod en procédure de sauvegarde : le studio de Life is...

Don’t Nod en procédure de sauvegarde : le studio de Life is Strange au bord de l’insolvabilité

Le studio français Don’t Nod, connu pour des titres comme Life is Strange, Remember Me ou Vampyr, traverse une crise profonde. Selon un rapport du syndicat Le Syndicat des Travailleureuses du Jeu Vidéo (STJV), l’entreprise a engagé une procédure de sauvegarde, une mesure de dernier recours pour tenter d’éviter l’insolvabilité. Cette nouvelle intervient après des mois de difficultés financières et de restructurations douloureuses.

Une procédure de sauvegarde pour éviter le pire

La procédure de sauvegarde est un dispositif juridique français permettant à une entreprise en difficulté de geler ses dettes et de réorganiser son activité sous la supervision d’un tribunal. Pour Don’t Nod, cela signifie que la direction doit présenter un plan de continuation viable, faute de quoi la liquidation pourrait être prononcée. Le STJV, qui dit avoir eu connaissance d’une note interne du PDG Oskar Guilbert, affirme que la situation est critique et que les salariés vivent dans l’incertitude depuis deux ans.

Des licenciements massifs et un recours à l’externalisation

Le rapport syndical détaille l’ampleur des suppressions de postes : la quasi-totalité des character artists, concept artists, la plupart des environment artists, sound designers, game designers, level designers, programmeurs, producteurs, testeurs et dev-ops ont été remerciés. Pour compenser cette hémorragie, la direction mise sur l’externalisation du développement du prochain jeu, connu sous le nom de code P14. Le syndicat doute de la faisabilité de ce plan, soulignant que le projet n’a pas réduit son périmètre et occupe encore une centaine de personnes. « Les managers, généralement considérés comme plus compétents et expérimentés que les non-managers, sont conservés et la direction attend d’eux qu’ils orchestrent ce basculement massif vers l’externalisation tout en reprenant la charge de travail des équipes licenciées », peut-on lire dans le rapport. « Quiconque a un peu d’expérience dans la production de jeux vidéo et un minimum de bon sens comprend à quel point ce plan est déconnecté de la réalité. »

Des conditions de départ minimales

Le STJV affirme également que la direction n’est pas en mesure de proposer des indemnités de départ au-delà du strict minimum légal, et qu’aucun plan de départs volontaires n’est envisagé. « Ce sera le minimum légal et vous devrez vous en contenter », aurait déclaré la direction selon le syndicat. Cette situation exacerbe le sentiment d’injustice parmi les employés, qui se sentent « pris en otage par une direction radicalisée ».

Une santé des salariés mise à mal

Le rapport pointe aussi l’impact sur la santé des équipes. Le comité social et économique (CSE) a documenté six accidents du travail en 2026 et a récemment dû lancer une enquête pour danger grave et imminent. « Ils ne se soucient pas des dégâts causés à la santé des employés, ils n’ont fait aucun plan de prévention des risques », dénonce le syndicat. Les négociations avec le CSE doivent se terminer le 3 novembre prochain.

Un contexte financier déjà tendu

Cette descente aux enfers n’est pas soudaine. Il y a un mois, le conseil d’administration de Don’t Nod avait voté une restructuration pouvant entraîner jusqu’à 90 suppressions de postes. Quelques mois plus tôt, l’entreprise avait admis être proche de l’épuisement de sa trésorerie. Le dernier jeu du studio, Aphelion, sorti en avril, n’a pas rencontré son public, avec des critiques mitigées. En revanche, Lost Records, sorti en 2025 et considéré comme une suite spirituelle de Life is Strange, avait reçu un accueil plus favorable (4 étoiles sur 5 selon Eurogamer), mais son succès n’a pas suffi à redresser la barre.

Quel avenir pour Don’t Nod ?

Don’t Nod n’a pas encore répondu aux demandes de commentaires. La procédure de sauvegarde pourrait permettre au studio de se restructurer et de poursuivre le développement de P14, mais les doutes exprimés par le syndicat sur la viabilité du plan d’externalisation assombrissent les perspectives. Pour les 140 employés restants, l’avenir est plus incertain que jamais. L’industrie du jeu vidéo française, déjà secouée par de nombreuses fermetures et restructurations, observe avec inquiétude le sort de l’un de ses studios historiques.

Bulle Bizarre
Bulle Bizarre
Passionné de Nintendo et de jeux vidéo, Bulle Bizarre suit l’actualité, les annonces et les sorties qui font bouger l’univers gaming.
PUBLICITÉ
12FansJ'aime
23SuiveursSuivre
0AbonnésS'abonner

Les + LUS