Le report de Grand Theft Auto 6 a été un choc pour de nombreux joueurs, mais Strauss Zelnick, le PDG de Take-Two Interactive, ne regrette pas cette décision. Dans une interview accordée au Wall Street Journal, il est revenu sur les raisons de ce choix et a évoqué un échec récent de l’industrie pour illustrer les dangers de sortir un jeu trop tôt.
Un report assumé malgré la frustration des fans
Initialement prévu pour 2025, GTA 6 a été repoussé à l’automne 2026. Cette annonce a provoqué une vague de déception chez les fans, certains allant jusqu’à qualifier la nouvelle de « jour de deuil ». Pourtant, Strauss Zelnick maintient que ce report était nécessaire pour respecter la mission de Take-Two : « créer le meilleur divertissement sur Terre ».
Interrogé sur sa réaction immédiate en apprenant la nécessité du report, Zelnick a reconnu que le timing n’était pas idéal : « Nous venions d’avoir une retraite du conseil d’administration dix jours plus tôt, donc je n’étais pas ravi du timing. Cela dit, c’est un exercice d’équilibre pour tous les dirigeants créatifs, et il ne s’agit pas seulement de temps, mais aussi de ressources. »
La qualité avant le calendrier
Pour Zelnick, la décision de reporter GTA 6 s’inscrit dans une stratégie à long terme. « Si votre mission est de faire le meilleur divertissement sur Terre et qu’une partie de votre stratégie en trois points est d’être le plus créatif, vous devez parfois prendre des décisions coûteuses et peu pratiques au service de cet objectif », a-t-il expliqué.
Il a également mis en garde contre l’approche inverse : « Que se passe-t-il lorsque les gens adoptent l’autre approche ? L’autre approche étant d’être servilement dévoué à un calendrier et de sortir le jeu quoi qu’il arrive. Je ne vais pas jeter mes concurrents sous le bus, mais si vous connaissez un tant soit peu l’industrie du jeu vidéo ces dernières années, il y a eu une sortie très médiatisée qui est tombée dans cette catégorie. Ils ont sorti le jeu et ont dû le retirer après le lancement parce qu’il ne fonctionnait pas. »
Une allusion à peine voilée à Concord
Bien que Zelnick n’ait pas nommé le jeu en question, les observateurs s’accordent à dire qu’il fait référence à Concord, le hero shooter de Firewalk Studios publié par Sony. Lancé en août 2024, le jeu a été retiré de la vente seulement deux semaines après sa sortie en raison de ventes désastreuses et d’un accueil critique mitigé. Sony a ensuite fermé le studio et annulé le projet.
L’échec de Concord est devenu un cas d’école dans l’industrie : un jeu massivement financé, mais qui n’a pas su trouver son public. En comparaison, GTA 6 bénéficie d’une attente colossale, et Take-Two ne veut prendre aucun risque. « Ils ont sorti le jeu et ont dû le retirer après le lancement parce qu’il ne fonctionnait pas », a insisté Zelnick, soulignant les conséquences d’une sortie précipitée.
Un choix stratégique pour l’avenir de la franchise
Le report de GTA 6 à 2026 permet à Rockstar Games de peaufiner le jeu et d’éviter les problèmes techniques qui ont entaché d’autres sorties majeures. Pour Take-Two, l’enjeu est énorme : GTA 5 s’est vendu à plus de 200 millions d’exemplaires et a généré des milliards de dollars de revenus. Un échec de GTA 6 serait catastrophique, non seulement pour l’entreprise, mais aussi pour l’industrie dans son ensemble.
En choisissant de retarder le jeu, Take-Two envoie un message clair : la qualité prime sur le calendrier. Cette approche contraste avec celle de certains éditeurs qui ont sorti des jeux inachevés, comme Cyberpunk 2077 en 2020, qui a dû être retiré du PlayStation Store en raison de performances désastreuses sur consoles de dernière génération.
Une leçon pour l’industrie
Les propos de Zelnick résonnent comme un avertissement pour l’ensemble du secteur. Alors que les coûts de développement explosent et que les délais se resserrent, la tentation de sortir un jeu avant qu’il ne soit prêt est forte. Mais les exemples récents montrent que les joueurs sont de plus en plus exigeants et n’hésitent pas à sanctionner les sorties bâclées.
Pour GTA 6, l’attente sera longue, mais les fans peuvent espérer un jeu à la hauteur de leurs attentes. Comme le souligne Zelnick, « ces décisions sont très difficiles à prendre », mais elles sont nécessaires pour préserver l’intégrité créative et la réputation de la franchise.



