Paradox Interactive a toujours su cultiver un public fidèle de stratèges et de gestionnaires, mais l’éditeur suédois semble aujourd’hui vouloir élargir son audience. Lors de la dernière Gamescom, deux titres ont particulièrement retenu l’attention : LEGO Skylines et Afterworld. Deux projets très différents, mais qui partagent un objectif commun : attirer un public plus large tout en conservant la profondeur qui fait la renommée de Paradox.
LEGO Skylines : un city builder pensé pour tous
LEGO Skylines est sans doute l’un des projets les plus intrigants de l’éditeur. Développé par Iceflake Studios, le studio qui a repris les rênes de Cities: Skylines II, ce nouveau city builder sous licence LEGO promet d’être bien plus qu’un simple jeu pour enfants. Les premières informations et les retours des joueurs ayant pu l’essayer laissent entrevoir un titre à la fois accessible et profond, capable de séduire les fans de la première heure comme les nouveaux venus.
Un gameplay hérité de Cities: Skylines II, mais adapté
Contrairement à ce que l’on pourrait craindre, LEGO Skylines ne sera pas une version édulcorée de Cities: Skylines. Son gameplay s’inspire directement de Cities: Skylines II, avec des mécaniques de construction et de gestion riches. Cependant, le jeu adopte une approche différente : au lieu de tracer des zones pour les voir se remplir automatiquement, le joueur place les bâtiments un par un, chacun occupant un espace spécifique. Cette approche plus manuelle rappelle la philosophie des briques LEGO et devrait ravir les joueurs créatifs. De plus, il sera possible d’ajouter ou de retirer des détails sur chaque bâtiment, de les copier ou de les remplacer, offrant une personnalisation poussée.
Le jeu se distingue également par une simulation plus simple, pensée pour tourner de manière fluide, y compris sur Nintendo Switch 2. Cette orientation vers un public console pourrait bien être un atout majeur, d’autant que la version console de Cities: Skylines II se fait toujours attendre. Certains observateurs espèrent même que le succès de LEGO Skylines poussera Paradox à revoir le moteur graphique de son grand frère.
Des mécaniques repensées pour une expérience plus accessible
Les joueurs ayant testé LEGO Skylines rapportent plusieurs changements intéressants. Les ressources naturelles sont réduites à quatre, mais leur gestion devient plus stratégique. L’éducation, par exemple, ne se limite plus à la construction d’écoles : elle doit être entretenue dans le temps grâce à des infrastructures comme les bibliothèques, un clin d’œil aux mécaniques de SimCity. Ces choix de design pourraient d’ailleurs inspirer de futures mises à jour de Cities: Skylines II.
Avec une sortie prévue sur PC et consoles, dont la Switch 2, LEGO Skylines a toutes les cartes en main pour devenir un succès commercial et redonner un coup de fouet au genre du city builder.
Afterworld : le grand strategy se réinvente
Afterworld est l’autre grande annonce de Paradox, et elle s’adresse aux amateurs de jeux de grande stratégie. Développé par Paradox Development Studio, le jeu marque une rupture avec les licences historiques qui ont fait la gloire de l’éditeur. Fini les reconstitutions minutieuses de l’Histoire : Afterworld nous plonge dans un futur post-apocalyptique aux accents Mad Max, sur une carte des États-Unis dévastée.
Une progression en trois phases, du survival au grand strategy
L’aspect le plus novateur d’Afterworld réside dans sa progression. Le jeu débutera comme un survival, où le joueur incarnera un personnage devant survivre dans un monde hostile. Une fois un premier campement établi, l’expérience évoluera vers de la gestion de colonie. Enfin, le joueur pourra prendre part à des conflits de grande ampleur, dans un grand strategy complexe. Cette approche progressive devrait permettre aux novices d’apprendre les mécaniques en douceur, tout en offrant une profondeur considérable aux vétérans.
Le jeu semble s’inspirer à la fois de Stellaris pour ses mécaniques de science-fiction et de Crusader Kings III pour la gestion des personnages et des relations. La carte, plus petite que celle d’un Europa Universalis, promet en revanche un niveau de détail beaucoup plus élevé. Les joueurs pourront rencontrer des mutants, affronter des armées de robots et redécouvrir des technologies oubliées.
Un développement encore en cours
Si les promesses sont alléchantes, Afterworld est encore loin d’être terminé. Les phases avancées du jeu sont toujours en développement, et il faudra patienter avant de voir une version complète. Paradox n’a pas communiqué de date de sortie, mais la qualité des premiers retours laisse penser que l’attente en vaudra la peine.
Un duo complémentaire pour Paradox
LEGO Skylines et Afterworld illustrent parfaitement la stratégie actuelle de Paradox : diversifier son offre tout en capitalisant sur son savoir-faire. L’éditeur n’abandonne pas pour autant ses licences phares. Europa Universalis V est en préparation chez Paradox Tinto, et Crusader Kings III recevra bientôt deux nouvelles extensions. Après quelques échecs dans le domaine des jeux AAA, Paradox semble revenir à ce qu’il fait de mieux, avec une approche plus accessible et expérimentale. Reste à savoir si le grand public répondra présent.