Vendredi 23 octobre, Eiji Aonuma, producteur de la série The Legend of Zelda, a reçu les insignes de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres au ministère de la Culture à Paris. Cette cérémonie, qui s’est tenue en marge de la Paris Games Week 2026, vient concrétiser une nomination annoncée dès novembre 2023 par l’ancienne ministre de la Culture, Rima Abdul-Malak.
Une distinction annoncée depuis 2023
L’annonce de cette distinction remonte à la Paris Games Week 2023. À l’époque, Rima Abdul-Malak avait fait part de son intention d’honorer Eiji Aonuma pour sa contribution au rayonnement du jeu vidéo. Cependant, aucune date n’avait été fixée pour la remise officielle. Il aura donc fallu attendre près de trois ans pour que la cérémonie se tienne, dans le cadre de l’édition 2026 du salon parisien.
L’Ordre des Arts et des Lettres récompense « les personnes qui se sont distinguées par leurs créations dans le domaine artistique ou littéraire, ou par la contribution qu’elles ont apportée au rayonnement des arts et des lettres en France et dans le monde ». Pour une personnalité étrangère, la nomination requiert également l’avis du ministère des Affaires étrangères. Aonuma rejoint ainsi d’autres figures du jeu vidéo déjà honorées, comme Michel Ancel, Frédérick Raynal ou encore Shigeru Miyamoto.
Un parcours emblématique chez Nintendo
Entré chez Nintendo en 1988, Eiji Aonuma a d’abord travaillé sur des jeux comme Marvelous: Another Treasure Island avant de rejoindre l’équipe de The Legend of Zelda: Ocarina of Time sur Nintendo 64. Il y a conçu plusieurs donjons, dont le célèbre Temple de l’Eau, réputé pour sa difficulté. Il a ensuite dirigé The Legend of Zelda: Majora’s Mask, toujours sur Nintendo 64, puis a progressivement pris la tête de la franchise.
En tant que producteur, il a supervisé des titres majeurs comme The Legend of Zelda: Breath of the Wild et The Legend of Zelda: Tears of the Kingdom, qui ont redéfini la série en monde ouvert. Aujourd’hui, il supervise l’ensemble de la saga, veillant à son évolution et à sa cohérence.
Un remake très attendu sur Switch 2
La remise de cette distinction intervient à un moment particulièrement symbolique. En effet, Eiji Aonuma est également producteur, aux côtés de Hidemaro Fujibayashi, du remake de The Legend of Zelda: Ocarina of Time, attendu le 5 novembre sur Nintendo Switch 2. Ce projet, qui célèbre les quarante ans de la saga, marque un retour aux sources pour Aonuma, qui avait débuté sur l’épisode original.
Ce remake est très attendu par les fans, d’autant qu’il s’agit du premier jeu Zelda majeur à sortir sur la nouvelle console de Nintendo. La coïncidence entre la cérémonie parisienne et l’approche de cette sortie renforce le sentiment d’un accomplissement pour le producteur japonais.
Un geste touchant lors de la cérémonie
Au cours de la cérémonie, Eiji Aonuma a prononcé un discours en français, dans lequel il a tenu à remercier son épouse, présente dans la salle. « Merci pour m’avoir suivi jusqu’ici, continuons l’aventure ensemble », a-t-il déclaré, suscitant l’émotion de l’assistance. Ce moment personnel a été très apprécié et a montré une facette plus intime du créateur.
Une reconnaissance croissante du jeu vidéo comme art
Cette distinction s’inscrit dans un mouvement plus large de reconnaissance du jeu vidéo en tant que forme d’art à part entière. En effet, le même jour, au Japon, Shigeru Miyamoto a été honoré de l’Ordre de la Culture, l’une des plus hautes distinctions du pays, devenant ainsi le premier créateur de jeux vidéo à la recevoir. Pour Nintendo, cette double reconnaissance internationale témoigne de l’impact culturel de ses créations.
L’Ordre des Arts et des Lettres, créé en 1957, est décerné par le ministère de la Culture français. Il comporte trois grades : Chevalier, Officier et Commandeur. Eiji Aonuma reçoit ici le grade de Chevalier, première étape dans cet ordre honorifique. Cette nomination souligne l’importance de son travail dans la diffusion de la culture vidéoludique, notamment à travers la série Zelda, qui a influencé des générations de joueurs et de créateurs.
Avec cette cérémonie, Eiji Aonuma voit son parcours salué par la France, pays où la série Zelda jouit d’une popularité considérable. Cette reconnaissance officielle renforce encore le statut du jeu vidéo comme média artistique majeur, et met en lumière le rôle des créateurs japonais dans son essor mondial.
