ARC Raiders, le jeu de tir à extraction d’Embark Studios, a connu un lancement réussi en octobre 2025 sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series. Mais le titre a également fait l’objet de vives critiques concernant l’utilisation d’outils d’intelligence artificielle pour générer certaines lignes de dialogue. Dans un making-of publié récemment sur la chaîne YouTube officielle du jeu, plusieurs membres de l’équipe de développement reviennent sur cette controverse et tentent de justifier leur choix.
Le stress des équipes et la folie des acteurs évités
Stefan Strandberg, directeur créatif chez Embark Studios, réaffirme que l’objectif n’a jamais été de remplacer les acteurs par l’IA. Cependant, les propos de Bence Pajor, directeur audio, ont de quoi surprendre. Selon lui, l’utilisation de l’IA a permis de réduire le stress lié à l’attente de la disponibilité des doubleurs pour enregistrer les lignes nécessaires aux tests de fonctionnalités. Il ajoute que la multitude de variables générées pendant l’élaboration des dialogues rendait impossible l’enregistrement de toutes les versions possibles par des humains, qui seraient devenus « fous » à force de tout lire.
Cette justification soulève des questions, car de nombreux jeux vidéo gèrent des quantités massives de dialogues sans recourir à l’IA. L’argument selon lequel les acteurs n’auraient pas pu enregistrer toutes les variantes semble minimiser les méthodes traditionnelles de l’industrie, où les doublages sont enregistrés de manière efficace et organisée.
Le point de vue des actrices impliquées
Embark Studios a invité Jo Rideout (voix de Shani) et Diana Gardner (voix de Celeste) à partager leur ressenti. Jo Rideout admet avoir du mal à comprendre les raisons ayant conduit le studio à adopter un rythme aussi soutenu et à utiliser l’IA. Diana Gardner, de son côté, se montre plus nuancée : elle apprécie la flexibilité que cela lui a offerte, car elle n’a pas eu à annuler d’autres projets pour de courtes sessions d’enregistrement. Elle souligne que le contrat était équitable et signé avant l’éclatement de la polémique. Cependant, elle s’interroge sur l’appropriation de sa performance : « Puis-je m’approprier cette performance ? » Elle conclut que, malgré les heures de travail, elle ne peut pas s’approprier le résultat final, ce qui est une expérience intéressante mais déroutante pour une actrice.
Jo Rideout conclut en rappelant que, dans tout doublage, le montage final est toujours le choix du réalisateur et des créateurs, et que les acteurs font de leur mieux. Ces témoignages montrent une acceptation partielle, mais aussi des réserves sur la nature de la collaboration avec l’IA.
Un making-of qui ne se limite pas à la controverse
Le making-of ne se concentre pas uniquement sur les doublages et l’IA. Sa seconde partie est dédiée au travail de conception du sound design du jeu, offrant un aperçu plus large du processus créatif chez Embark Studios. Cela permet de contextualiser les choix techniques dans l’ensemble du développement d’ARC Raiders.
Un débat qui continue
La controverse autour de l’IA dans les doublages d’ARC Raiders illustre les tensions croissantes dans l’industrie du jeu vidéo. Si Embark Studios a finalement remplacé certaines voix générées par des doublages humains après le succès commercial, la publication de ce making-of montre que le studio souhaite toujours défendre sa démarche initiale. Les arguments avancés, comme la réduction du stress ou la gestion des variables, peinent à convaincre une partie de la communauté et des professionnels du doublage, qui y voient une remise en question de leur métier.
Pour les joueurs, ARC Raiders reste disponible sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series. Le débat sur l’éthique de l’IA dans la création de contenu, lui, est loin d’être clos.
