Le studio Romero Games, cofondé par la légende du FPS John Romero et son épouse Brenda Romero, a traversé une période difficile après l’annulation de son projet de shooter par Xbox l’année dernière. Dans une interview accordée à VGC, John Romero a expliqué comment l’équipe a dû se réinventer, passant de 110 employés à seulement 16, et comment un nouvel éditeur mystère leur a permis de repartir sur un projet plus modeste mais prometteur.
Un coup dur pour le studio
L’année dernière, Romero Games a été confronté à une situation malheureusement courante dans l’industrie : le financement de son jeu non annoncé a été coupé par Xbox. « L’année dernière, nous avons été défundés, comme beaucoup d’autres, et nous avons dû passer du temps à réfléchir à ce que nous allions faire », a déclaré John Romero. Le studio a tenté de garder son équipe le plus longtemps possible, cherchant des financements pour terminer le jeu, mais au fil du temps, les départs se sont multipliés et il est devenu impossible de poursuivre le développement à cette échelle.
L’équipe est ainsi passée de 110 personnes à seulement 5, avant de remonter à 15-16 personnes actuellement. Malgré cette réduction drastique, Romero Games conserve la propriété intellectuelle complète du projet annulé : « Nous possédons à 100 % tout. Nous possédons le nom, toute la propriété intellectuelle, tous les arts, tous les graphismes, le code et tout le reste. »
Un nouveau départ avec un éditeur mystère
Plutôt que d’abandonner, John Romero a décidé de repenser le projet pour l’adapter à une équipe réduite. « J’ai dû concevoir un nouveau jeu qui puisse utiliser autant de ce matériel que possible, pour prendre une longueur d’avance », explique-t-il. Il a contacté une connaissance et a conclu un accord avec un nouvel éditeur, dont l’identité reste secrète pour le moment. « Je ne peux rien dire sur qui c’est, ni quand l’annonce aura lieu », précise-t-il.
Ce nouvel éditeur offre une liberté créative totale, ce qui est rare dans l’industrie. « L’éditeur avec lequel nous travaillons actuellement n’a aucun objectif créatif pour ce jeu. Ils disent : “Faites ce que vous voulez, nous le publions, nous n’allons pas vous dire quoi faire.” C’est l’accord parfait », se réjouit Romero.
Un shooter repensé pour une petite équipe
Le nouveau jeu est un shooter, mais il a été entièrement repensé par rapport au projet original. « Nous n’allons pas mener [la forme originale du projet] à son terme. Ce jeu, nous ne pouvons pas le terminer, car c’est un jeu pour 110 personnes. Il s’agit donc d’une refonte complète d’un jeu totalement différent, mais qui utilise beaucoup du travail que nous avions fait sur les jeux précédents », détaille Romero.
Le studio est satisfait de cette nouvelle orientation. « Nous n’avons pas besoin d’être plus grands que [l’équipe de 15-16 personnes actuelle], le jeu est dimensionné pour une équipe de cette taille, et nous sommes super heureux. Le jeu se passe extrêmement bien, nous en sommes très contents. C’est un shooter – cette partie a tout son sens – mais tout le reste autour est vraiment nouveau, et toute l’équipe est très excitée. »
L’avantage des petites équipes selon John Romero
John Romero a toujours été un adepte des petites équipes, et cette expérience renforce sa conviction. « En ce qui me concerne, j’adore les petites équipes, et c’est bien plus amusant de faire des jeux en petite équipe. On peut pivoter – en quelques heures, on peut complètement tout changer si nécessaire », affirme-t-il. Ses plus grands succès, comme Commander Keen, Wolfenstein, Doom et Sigil, ont été réalisés avec des équipes réduites ou en solo, tandis que des projets plus ambitieux comme Quake ou Daikatana ont été plus difficiles à gérer.
Cette philosophie se reflète dans le nouveau projet, qui bénéficie de la flexibilité d’une petite structure. Le studio peut ainsi itérer rapidement et s’adapter aux retours, ce qui est un atout majeur dans le développement de jeux.
Un avenir incertain mais prometteur
Malgré les difficultés, Romero Games semble avoir trouvé un nouvel élan. Le studio travaille actuellement sur ce shooter mystérieux avec un éditeur qui lui laisse une liberté totale. L’identité de cet éditeur reste inconnue, mais les fans de John Romero attendent avec impatience la révélation du projet. En attendant, cette histoire illustre les défis auxquels sont confrontés les studios indépendants, même ceux dirigés par des vétérans de l’industrie.
Pour l’instant, aucune date de sortie ni plateforme n’a été annoncée pour ce nouveau jeu. Les joueurs devront patienter jusqu’à ce que Romero Games et son mystérieux éditeur décident de lever le voile.

